ND des Voyageurs

Les clochers de la paroisse

Au confluent de la Sagne et du Célé, le village se niche au pied de la falaise de Rochecourbe, immense paroi en surplomb, à laquelles sont accrochées les ruines d’un château médiéval, appelé « le château du Diable », accroché à une corniche. Encore pourvu d’une tour et d’une fenêtre à meneaux, il est mentionné dans un acte de 1259, et fut d’abord au Moyen-Age la demeure des seigneurs de Barsac. Pendant la guerre de Cent Ans, il tomba en 1380 aux mains des grandes compagnies au service des Anglais d’Aquitaine, d’où son nom. Dix ans plus tard, Jean d’Hébrard, seigneur de St Sulpice, le reprend et en débarrasse des brigands en le démolissant. 
Le nom « Cabrerets » désigne un endroit propice aux chèvres (d’où la fête de la chèvre où la statue de la chèvre est bénie chaque année par le curé, et elle part vers le centre-ville en procession). 

Le village se trouve sur une variante de la « via Podiensis » du pèlerinage de St Jacques de Compostelle, dite « variante de la vallée du Célé ». C’est une étape du sentier du GR 651. On vient de Sauliac sur Célé (avec la chapelle du Roc Traoucat), et la prochaine étape est St Cirq Lapopie. Il y a donc un lien spirituel entre les trois lieux. 
L’évolution du nombre d’habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793 (500 habitants). En 2015, Cabrerets comptait 230 habitants (un peu plus aujourd’hui). Sur Cabrerets, il y a beaucoup de trésors :
Les dolmens du Mas-d’Arjac.
Il y a trois dolmens, dont un seul est bien conservé. On l’appelle le « dolmen du Pech-d’Alcayre », et il est une très belle construction partiellement enfouie dans son tumulus de 21 mètres de diamètre. Le 2ème est en état de conservation inquiétant et le 3ème a été détruit lors du reboisement de la crête. Le site est très visité. 
Le château de Cabrerets.
Le château a été édifié au XIIIè siècle et fut reconstruit au XVIe. Il appartint au maréchal-duc Charles de Gontaut-Biron, ami d’Henri IV, puis traître à ce roi. Acheté au XIXe siècle par le comte Murat, député du Lot, il en reprit la restauration. Il dispose d’une terrasse à balustrade et d’une cour intérieure, flanqué d’une grosse tour d’angle. Le monument a été classé par les monuments historiques le 28 novembre 1996.
La résurgence de la Pescalerie.
Située à 3 km en amont de Cabrerets, un ancien moulin utilisait l’énergie fournie par cette résurgence dont les eaux alimentent la rivière du Célé. Elle donne accès à un important réseau de galeries sèches et noyées, explorées en plongée souterraine.


L’église de Cabrerets.


L’église de Cabrerets était la possession du Chapitre de Cahors, qui lui fut enlevée quelques temps par des seigneurs avides, si bien que l’évêque Géraud de Cardaillac dut lancer l’interdit contre les injustes possessions. L’église fut rendue, et jusqu’à la Révolution, la nomination du curé revenait à un chanoine de la cathédrale de Cahors. L’église était sous le haut patronage de St Pierre et St Paul. Elle date du XVIe siècle, et elle est située à côté du château sur la rive droite du Célé. Réparée en 1855 et surtout en 1880, elle est de forme romane. La cloche la plus petite est de 1629.

Les seigneurs de Gontaud Biron avaient une chapelle dans l’église. Sur le cahier des doléances, il est noté que la paroisse est si pauvre qu’elle n’a pas de maison presbytérale pour loger le curé ni d’argent pour la construire. On se plaint de l’isolement du pays faute de routes et même de bons chemins. 
Les grottes de Pech Merle.
Mondialement connue, le site de Notre Dame des Voyageurs ouvre la route unique conduisant à ces grottes. Amédée Lémozi a organisé la construction de cet oratoire dédié à la Vierge Marie, situé dans la vallée de la Sagne, au pied de la route qui conduit à la grotte de Pech Merle.
En effet, sans le savoir, la vie du petit village de Cabrerets bascule le soir du 04 septembre 1922. 
Pour la première fois, des adolescents viennent de pénétrer dans l’un des plus grands sanctuaires de la préhistoire jamais connu : la grotte de Pech-Merle. 
Le village va peu à peu se mobiliser autour de ce chef-d’œuvre de l’art paléolithique d’un grand intérêt esthétique et d’une excellente qualité de conservation, pour assurer sa protection et son ouverture au public. Le curé de Cabrerets, le père Amédée Lemozi (curé de Cabrerets de 1919 à 1962 !), l’un des pionniers de la préhistoire du Quercy, joue un rôle central dans cette affaire. Il s’agit donc, aujourd’hui, d’entrer dans ses pas, puisqu’il nous a offert le site de ND des Voyageurs, mais la santé ne lui a pas permis de l’animer spirituellement. C’est lui qui, personnellement, après l’étude des peintures et l’aménagement de la salle des peintures, organise l’arrivée des premiers visiteurs qui pénètrent dans la cavité en 1926.
Cette grotte abrite un des plus beaux sanctuaires ornés paléolithiques : sept salles sur 1200 m de parcours pour découvrir mammouths, bisons, chevaux, figurations humaines, mais aussi mains négatives et émouvantes traces de pas. Même si le nombre de visiteurs est limité par jour, Pech Merle fait partie des grottes préhistoriques majeures toujours ouvertes au public. En 2006, 72.000 personnes ont visité la grotte (aujourd’hui, on est plutôt aux alentours de 80.000). Aujourd’hui, 1600 m de galeries et de salles sont accessibles aux visiteurs.
Grâce à cette grotte, Cabrerets est un haut lieu de l’art préhistorique mondial. Avec le musée Amédée Lemozi, Cabrerets devient un lieu de recherche pour les préhistoriens et conserve l’ensemble le plus complet sur la préhistoire du Quercy. La paroisse se doit absolument d’être présente, surtout que les 80.000 visiteurs annuels ne sont pas nombreux à aller ensuite à St Cirq Lapopie (pas le même public, d’après le Syndicat d’initiative qui, prenant en compte cette réalité, a dû devenir le « Syndicat d’initiative de St Cirq Lapopie et de Pech-Merle »). La paroisse devrait-elle rester à la traîne et « oublier » toute cette manne de visiteurs ? Le curé a donc pris la décision, en accord avec les différents conseils, et avec l’apport financier et humain (animation) de l’association des « Jeunes de Notre Dame », qui va porter le projet, de proposer une « halte spirituelle » à tous ces visiteurs qui, jusqu’à ce jour, n’avait aucune proposition d’annonce explicite et incarnée de la Bonne Nouvelle du Salut. 
L’idée est donc de faire cette proposition, à la suite des intuitions de l’abbé Lemozi, mais en respectant strictement la laïcité et le respect des consciences : hors de question qu’il y ait quelque forme que ce soit de prosélytisme !
Plutôt que d’intégrer la grotte de Pech-Merle, le projet est de rejoindre celui du père Lemozi : donner vie au site « Notre Dame des Voyageurs ». Inauguré en 1960 par Mgr Chevrier (à qui il offrit 100 jours d’indulgence), l’abbé, déjà fatigué, devra se retirer deux ans plus tard sans avoir pu donner vie à ce lieu… qui tombera en désuétude, aux prises de dégradations fortes… 
En déshérence depuis 55 ans, le père David, mon prédécesseur, organisa un premier débroussaillage, non pas d’abord pour donner vie à ce lieu, mais pour en faire un point de départ pour une marche vers le Roc Traoucat. Peu importe, la semence de résurrection est semée et aujourd’hui, le temps de la moisson semble arrivé ! 
Le nouveau curé, conscient du potentiel et voulant s’inscrire dans l’intuition spirituelle du père Lemozi, décide se lancer une grande série de travaux et d’amélioration, en partenariat avec la mairie, le Département, l’association diocésaine, la paroisse et l’association des « JND », porteur du projet. En effet, dès l’été 2018, porté financièrement par cette association, et animée par ces jeunes, un jumelage spirituel aura lieu avec la Mission St Cirq et l’accueil des voyageurs sous le regard et la protection maternelle de Marie. Une Vierge de ND de Rocamadour sera placée à l’église de St Cirq, avec la bénédiction du vicaire général, le père Florent Millet.

Une figure historique et spirituelle : l’abbé Amédée LEMOZI 

Amédée Lemozi est né le 11 janvier 1882 au Mas del Pech, sur la commune de Lentillac du Causse. Il est le 3ème garçon d’une famille de petits cultivateurs. Son père, Martin, s’occupe surtout de l’exploitation forestière. Le fils aîné, Henri, né en 1874, puis Edouard en 1878. Il aura une petite sœur, Bernadette, en 1885. 
Baptisé en l’église de Lentillac le 12 janvier 1882, il fera son premier pèlerinage à Rocamadour en septembre 1893. Au bout du long trajet à pied (45 kilomètres aller), il sent l’appel de la Vierge et exprime son souhait de devenir prêtre. Initié au latin par l’abbé Cros, curé de Lentillac, il entre au petit séminaire de Montfaucon le 14 octobre 1895. En 6ème, en 1897, il écrit sur son journal : « cavernes à visiter pendant les vacances de 1897… ». La passion est lancée !
Reconnu bon pour le service, mais dispensé en tant qu’élève ecclésiastique, il n’effectuera qu’un an au lieu de trois. On note qu’il mesure 1m64. Il intègre le grand séminaire le 12 octobre 1903, il sera ordonné diacre le 14 mars 1908 puis prêtre le 29 juin 1908. Il devient vicaire de Rocamadour le 13 août 1909. En 1910, il découvre une publication d’Armand Viré, préhistorien de Lacave : « Fouilles de M. André Niederlender dans les dolmens et tumulus de la gare de Rocamadour ». Cette lecture détermine l’abbé à entreprendre lui-même des recherches et à étudier la préhistoire. La vocation est lancée !
Il va alors faire beaucoup de fouilles archéologiques entre 1911 et 1914. On raconte même qu’un dimanche matin, l’assemblée attendait sa venue pour célébrer et, voyant un grand retard, les gens comprennent qu’il est resté bloqué dans une grotte. Les paroissiens organisent une recherche et en effet, ils retrouvent l’abbé perdu dans les galeries, dans le noir, car sa lampe s’était éteinte.
En 1919, surement sur l’intervention en haut lieu d’Armand Viré et du chanoine Albe, qui pressentent les potentiels archéologiques de cette localité, Amédé Lemozi est nommé curé de Cabrerets, sa mère l’accompagne et elle s’occupera du presbytère. Dynamique et généreux, il se dévoue à la vie du village et communique sa passion pour la préhistoire à nombreux de ses paroissiens et aux jeunes. Il laisse encore aujourd’hui le souvenir d’un homme doux, un savant resté simple et modeste. Chercheur infatigable, il multiplie les découvertes, les fouilles et les publications scientifiques. Mais sa vie va changer quand on va découvrir les grottes de Pech Merle. 
Au mois d’août 1922, un jeune berger de 16 ans, André David découvre la grande salle des peintures de la grotte.
Mais la découverte de la grotte de Pech-Merle ne s’est pas fait en un jour. La première incursion connue de la cavité, appelée alors « grotte David », du nom de ses propriétaires, date de 1906. Elle est suivie par plusieurs explorations qui révèlent en 1916 deux grandes salles difficiles d’accès : la salle rouge et la salle blanche. En 1920, André David poursuit l’exploration avec son ami Henri Dutertre. Il en parle à l’abbé Lemozi qui va les accompagner dans le réseau supérieur de la grotte de Pech-Merle. Le curé y vient à plusieurs reprises, n’y voit aucune trace d’occupation préhistorique mais constate son intérêt géologique. André David continue les explorations et c’est le 4 septembre 1922 que les peintures sont découvertes. Bougies à la main, il descend avec Henri Dutertre, pour la première fois un « précipice » qui leur ouvre le passage dans le réseau inférieur, le réseau préhistorique… 
L’abbé entreprend immédiatement leur étude : il se rend sur place, voit les peintures et prévient le chanoine Albe qui diffuse la nouvelle. Cependant, les peintures restent difficiles d’accès. Le passage des découvreurs est long et pénible : plus de 350 mètres dans l’eau et l’argile, à travers des boyaux rampants, des chatières et des puits. Dans les mois qui suivent, une organisation se met en place sous la coordination du curé. Il lève le plan de la grotte, détermine l’emplacement des travaux et engage l’étude des peintures, aidé tout particulièrement par André David, Victor David, le père d’André propriétaire de la cavité. Ils rémunèrent une équipe d’ouvriers, financés par Jean Labaudy, et Melle de Gouvion Saint-Cirq, les châtelains du village. 
De 1922 à 1924, l’abbé Lemozi va diriger les travaux de Pech-Merle : relevé du plan de la cavité, percement du puits d’accès au site. La grotte est ouverte au public en juillet 1924 et l’abbé est nommé membre correspondant du Ministère des Beaux-Arts (plus tard, Ministère de l’Education Nationale) et dans la commission des Monuments Historiques. L’abbé Lemozi fait le relevé des œuvres en posant une feuille de calque sur la paroi pour reproduire le tracé préhistorique.

C’est à partir de ces documents, une fois assemblés pour reconstituer la totalité d’un panneau, qu’il va examiner, déchiffrer et comparer les peintures. L’abbé va alors présenter le fruit de ses recherches dans un livre « la grotte-temple du Pech-Merle » qu’il publiera en 1929.
Il y écrit : « De tout temps, l’idée religieuse a mis à son service une foule d’artistes, de sculpteurs, de graveurs et de peintres. Attribuer aux productions artistiques quaternaires une valeur religieuse n’est donc pas une hypothèse invraisemblable. Notre conviction est celle de la plupart des préhistoriens, à savoir que l’art quaternaire dans son ensemble et en particulier à Cabrerets a une signification religieuse, et que la grotte du « Pech-Merle », qui n’a pas servi d’habitat, est bien le type de la « Grotte-Temple ». Huit années après la découverte des peintures, l’aménagement intérieur de la cavité se termine et l’inauguration officielle du site a lieu le 8 août 1930. Ouverte trois mois par an, la cavité est visitée par plus de 2.000 personnes à la lueur d’une lampe portative. Il faut attendre 1937 pour voir briller les premières ampoules électriques dans la grotte ! Des mécènes apportent une aide providentielle. A l’entrée du bourg de Cabrerets, le château médiéval de Gontaud est occupé par Mr Jean Lebaudry, riche héritier d’un empire industriel de sucre, et par sa cousine, Melle de Gouvion Saint-Cirq, petite fille du comte Murat. Conscients de l’intérêt majeur de la grotte, ils apportent immédiatement l’aide à l’abbé Lemozi pour sa protection, son étude et l’aménagement du site. Ils achètent la grotte aux parents d’André David et financent tous les travaux d’accès et d’aménagement. La direction de ce chantier est confiée à l’abbé Lemozi à qui Jean Labaudry donne carte blanche. Ce mécénat est déterminant pour la conservation de la grotte, tout en la rendant accessible à tous. C’est également un soutien important au travail d’Amédée Lemozi. C’est en effet grâce à cette aide précieuse qu’un Musée de Préhistoire sera bientôt créé à Cabrerets, toujours sous l’inspiration de l’abbé Lemozi.
A partir de ses collections personnelles, l’abbé va installer le musée dans une vieille et belle maison proche de l’Eglise : La maison des œuvres (qui sera léguée à sa mort à l’Association Diocésaine et vendue dans les années 80). Ce musée ouvre ses portes le 27 août 1934. Il est à noter qu’un an auparavant, l’abbé était devenu curé-doyen. 
Quelques années plus tard, en avril 1943, Jean Lebaudry propose de déménager le musée dans les grandes salles du château de Cabrerets. En 1946 est créée une Société du musée ainsi qu’une grande bibliothèque scientifique à disposition des spécialistes et des chercheurs. Le château sera vendu en 1964 et le musée devra déménager. Vue la difficulté de trouver un lieu d’accueil, l’abbé Lemozi et la Société du musée va offrir les collections à la commune de Cabrerets qui s’engage à les conserver et à bâtir un musée pour les exposer. Promesse qui sera tenue ! 
En 1949, André David découvre de nouvelles galeries dans la grotte : le réseau du Combel. L’abbé Lemozi entreprend aussitôt l’étude des riches peintures de cette partie de la grotte.  
En 1951, l’abbé Lemozi est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur, sur le rapport du Ministre de l’Education Nationale. La remise est effectuée à Rocamadour (toujours ce lien discret du sanctuaire !) par l’abbé Marty, curé de Cambes. Sur cette lancée, en 1954, il lance la construction d’un oratoire dédié à la Vierge Marie « Notre Dame de Cabrerets », qu’on appellera par la suite « Notre Dame des voyageurs ». Son idée était de proposer, à l’entrée de la route unique qui monte vers les grottes de Pech-Merle, un lieu spirituel et de prière. Le vicaire général viendra l’inaugurer en 1960 en y offrant 100 jours d’indulgence pour celui qui priera ND des Voyageurs. Malheureusement, sa santé va lui empêcher d’animer spirituellement ce lieu car le 21 octobre 1962, il célèbre sa dernière messe à Cabrerets et se retire le lendemain au foyer Pierre Bonhomme à Gramat. Toutefois, en 1963, il revient habiter dans « la maison des œuvres » où il poursuit ses recherches archéologiques, tout en visitant beaucoup ses anciens paroissiens de Cabrerets. En 1965, l’abbé est nommé Officier de l’Ordre National du Mérite, en sa qualité de « curé, Doyen de la Société Préhistorique de France ». La remise est effectuée le 20 juin. Puis, en 1969, il se retire définitivement au foyer Pierre Bonhomme où il y décèdera le 15 juin 1970… fête de la Sainte Germaine de Pibrac (il est à noter la coïncidence suivante : l’année où l’oratoire ND des Voyageurs va renaître de l’oubli, le pèlerinage à Ste Germaine de Pibrac a été relancée à Promilhanes, sur la paroisse, donc, après 50 ans d’arrêt…). L’abbé Amédée Lemozi repose au cimetière de Cabrerets, depuis ce jour du 17 juin où il fut enterré en présence de Monseigneur Bréheret.

Dans son testament, l’abbé a légué la maison des œuvres ainsi que l’Oratoire ND des Voyageurs. Nous avons trace d’une copie de ce legs même si, toutefois, le cadastre en 2018 indique toujours « Amédée Lemozi » comme propriétaire des parcelles. Une demande au notaire de l’Association Diocésaine est faite pour régulariser le dossier et officialiser la propriété des deux parcelles, selon le vœu de l’abbé Lemozi, afin aussi de sauvegarder le site et pouvoir librement lancer de gros chantiers de rénovation.

NOTRE DAME DES VOYAGEURS : 
Un cadeau de l’Esprit Saint et de notre Patrimoine à faire revivre !

Citons les écrits du fondateur de ce site, l’abbé Lemozi : « mes chers paroissiens, et vous qui passez sur nos routes, nous sommes tous des voyageurs sur cette terre. Nous allons à grands pas de ce monde vers notre Eternité. Mais que d’embûches, que d’obstacles, que d’épreuves sur le chemin ! Mon voyage touche à sa fin ; le vôtre, pour certains du moins, peut durer encore quelques années. Mais pour tous, il n’y a qu’une seule chose qui compte ; parvenir au but, qui est le Ciel, séjour unique de lumière, de paix et de bonheur sans fin. Pour le peu de temps qu’il nous reste à vivre ici-bas, combien je suis heureux de me confier et de vous confier à Notre Dame de Cabrerets, Patronne des Voyageurs ! Encouragés par les Souverains Pontifes et nos Evêques, tournons souvent nos regards vers notre Mère du Ciel : Vierge si douce et si maternelle dont le voyage terrestre a été accompli si saintement, pour se terminer si glorieusement, veillez sur nos pas chancelants ! Tout le long du chemin, soyez-nous secourable, et marchez à nos côtés pour nous conduire au Ciel ! ».
Nous nous inscrivons profondément dans cette démarche spirituelle afin de proposer un accueil à tous les voyageurs en route vers le site de Pech-Merle. Pour cela, il faut rénover le site et comprendre son histoire. En souvenir de l’année mariale de 1954 et du 1er centenaire du dogme de l’Immaculée Conception, l’abbé Lemozi a lancé la construction d’un oratoire dédié à la Vierge-Marie, patronne des Voyageurs. 
Par une lettre datée du 19 octobre 1956, l’Autorité diocésaine, de concert avec la Commission d’Art Sacré, a approuvé et encouragé ce projet. Ce projet n’est pas une innovation mais correspond plutôt à la restauration d’un culte marial, abandonné ici, avant Louis XIII, sans doute à l’époque de la Réforme. Le très lointain et prestigieux passé de nos ancêtres de la préhistoire, associé à notre histoire locale baignée depuis le Moyen-Age par un culte marial, nous pousse à continuer de mettre notre paroisse sous la protection maternelle de la Vierge Marie. 
Jadis, dans cette très ancienne paroisse de Cabrerets, il y avait aux abords du vieux sentier escarpé du Carrol, en deux endroits peu distants, l’image d’une Vierge protectrice des « voyageurs des colporteurs et des bateliers ». Une première statue de cette Vierge avait été placée par les habitants au Bout-du-lieu, à quelques mètres seulement des dernières maisons du bourg de Cabrerets, dans une grotte d’accès difficile, dite « la grotte de Mélanie ». Cette grotte porte sur les parois, surtout vers l’entrée, de curieux signes cruciformes au nombre d’une trentaine, piquetés dans le roc calcaire, par la main de l’homme. On a trouvé des dessins analogues, antérieurs eu Christianisme, en Espagne, en Afrique, etc. Ils se sont même reproduits chez nous jusqu’à nos jours, en vertu de la perpétuité du rite, et ont été plusieurs fois représentés sur les portes des granges et des maisons, comme signes protecteurs des hommes et des animaux.
Une seconde statue de Notre-Dame, la plus connue, le plus visitée, a été installée au Moyen-Age, au bout de la côte du Carrol, en réalité au carrefour des vieux chemins de Cabrerets, d’Orniac, de Sauliac, de Figeac, etc., dans une petite niche naturelle, très accessible à la portée de la main, creusée dans le roc de la falaise et encadrée de buis et de térébinthes. Cette Vierge du Bout-du-Carrol, qui était particulièrement populaire et vénérée, se trouvait, en réalité, dans un site pittoresque où il faisait bon de prier et d’où le voyageur jouissait d’un super panorama, au-dessus de la vallée du Célé. Les passants, les bûcherons, les bergers, les colporteurs faisaient une station devant la Madone au Sourire afin de lui adresser une prière. Ce petit coin, aujourd’hui un peu oublié, a été à coup sûr le témoin de beaucoup d’émotions et de beaux gestes de la part des chrétiens des environs et des autres voyageurs.

Les bateliers, eux-aussi très nombreux à une époque où aucune route n’existait dans les parages de la rivière du Célé, pouvaient apercevoir la niche au bout de la falaise, et saluaient toujours, paraît-il, la Vierge qui leur était chère, comme ils le faisaient sur le Lot, en face de Notre Dame de Vèles. Enfin, les amis de la Vierge ont songé aussi aux dangers multiples que couraient les voyageurs de la part des brigands embusqués parfois dans cette gorge particulièrement solitaire.
Au alentour de la niche, il y avait une petite maison dans les rochers, appelée « la maison Delaurier », qui était devenue jadis, pour les modestes voyageurs ou pèlerins, une hôtellerie sans aucune prétention, et que deux grottes voisines avaient été aménagées, sans doute au Moyen-Age, pour servir d’habitat. Dans l’une d’elles, il a été relevé quelques gravures malheureusement endommagées par l’eau, représentant des personnages revêtus de costumes d’autrefois. L’un d’eux porte un bouclier surmonté d’un écusson. On peut penser à quelques voyageurs de marque qui sont venus saluer Notre-Dame du Carrol et qui ont même stationné non loin de la niche, comme le montrent les gravures.

QUID DE CETTE VIERGE ?

Nous avons un grand nombre de témoignages qui convergent tous vers cette réalité : il existait une Vierge très ancienne qui a été profanée maintes fois, qui était considérée comme miraculeuse, et qui a disparu aujourd’hui. L’abbé Lemozi a opéré des fouilles auprès de la niche du Carrol. Il y a récolté des débris de céramique, des vases… aucun de ces vestiges n’étaient récents. Du côté du Roc Traoucat, dans le tunnel, l’abbé a récolté des pièces de monnaie dont aucune ne remonte d’avant Louis XIII. Un élément historique est important : la religion Calviniste fut implantée à Cabrerets par Jacques de Crussol, héritier de Galiot-de-Ginouillac, qui, profitant de sa fortune, se fortifia dans le village. Jean II de Gontaut d’Auriole, baron de Gramat et seigneur de Cabrerets, embrassa la Réforme en 1576. Trois de ses successeurs –Jean III, Antoine III et Jean IV- se rallièrent comme lui à la nouvelle religion. Jean IV, né en 1638, abjura le Protestantisme à l’âge de 21 ans en 1659. Il fit profession de la foi catholique entre les mains de l’évêque de Cahors, devant la porte haute de la grande église, suivant la coutume, en présence d’une grande présence de la Noblesse et du peuple. C’est pendant cette période de 83 ans, où régna le Protestantisme à Cabrerets, que la statue de la Vierge outragée fut transportée au Roc-Traoucat. Vues les pièces de monnaie retrouvée, on peut dire que cette transposition eut lieu vers le début du règne de Louis XIII, soit vers 1610.
Caractère, forme et style de la statue de Notre-Dame du CARROL :
Le 10 novembre 1495, Jean de Gontaud, baron de Gramat, seigneur de Cabrerets et autres lieux, fit son testament et sa sépulture fut mise devant la chapelle de Notre-Dame de Cabrerets, madone qu’il avait en profonde vénération. Au XVe siècle, le culte de Marie était à l’honneur dans tout le secteur de Cabrerets puisque la Vierge était vénérée à trois endroits différents : dans la « grotte Mélanie », au Bout-du-Carrol et dans l’église de la paroisse. 
Au moment où l’abbé Lemozi décide de remettre ND des Voyageurs sur site, il avait dans la maison familiale de Cabrerets, une statue en bois qui avait appartenu à Melle Tressens, ancienne institutrice de Cabrerets. Il s’agissait d’une imitation de l’ancienne statue de Notre-Dame du Carrol, une statue souriante qui représente le grand art religieux de la dernière période du Moyen-Age. La main, en particulier est un chef-d’œuvre. C’est le style le plus pur, imité de celui des Grecs de la grande époque. Il y a une telle harmonie que la statue a du être exécutée par un vrai maître. Le bois qui a été choisi et qui porte le poids du temps, est aussi beau que l’ivoire. L’Enfant Jésus, appuyé sur le bras gauche, est également représenté dans un style très pur.

La nouvelle statue de ND de Cabrerets, patronne des voyageurs.

 

le 19 octobre 1954, le chanoine Mamoul, Vicaire général, au nom de Mgr Chevrier, a écrit ceci : « puisque, pendant de longues années, on a honoré jadis, à Cabrerets, Notre-Dame du Carrol, patronne des voyageurs et des bateliers, n’allez pas chercher ailleurs… Le mieux est de réaliser, si possible, une reproduction fidèle de cette gracieuse Madone et d’en restaurer le culte, en adaptant celui-ci aux temps actuels ». 
Cette demande, adressée au nom de Mgr Chevrier et dont le père Lémozi n’a pas eu le temps d’aller jusqu’au bout, demeure… Et le successeur du curé historique reste tenu par l’obéissance de mener à bien, comme il le peut, cette demande officielle. 
De son côté, l’abbé Lemozi a lancé la fabrication d’une statue en « terre de fer » (nouvelle matière inaltérable, réputée incorruptible pour l’extérieur) auprès du directeur des Etablissements René PICOT (dans l’Aube). La terre de fer se rapproche du verre sans en avoir la transparence et la fragilité. Mais, comme le verre, elle est inaltérable et imputrescible. Cette statue sera la copie conforme du modèle que l’abbé avait reçu chez lui et qui avait déjà subi l’outrage du temps. 
Le 8 mars, la paroisse reçoit la nouvelle statue : la Vierge au gracieux sourire et porteuse d’un lys devient ND des Voyageurs ! La question se posait alors de savoir en quel emplacement il fallait déposer cette statue de Notre Dame.
Emplacement choisi pour la nouvelle statue.
Le mercredi 20 mars 1957, une croix de fer est plantée au-dessus de la niche du Carrol. Au pied de cette croix, il y a une petite image de la Vierge, gravée sur cuivre. Ce petit calvaire, destiné à perpétuer le souvenir de Notre-Dame du Carrol, a été bénit le 21 Mars 1957, en présence de quelques personnes représentant la paroisse de Cabrerets. Mais mettre à cet endroit du Carrol, qui n’est plus tellement emprunté, où plus personne ne passe, une statue de la Vierge, patronne des voyageurs, à commencer des touristes, devenait un non-sens. Autrefois, les transports se faisaient ici, en bateau ou à dos de mulet, voire sur les épaules des transporteurs, mais les temps ont changé. Il y a eu la construction de routes empruntées désormais par tous les touristes, tandis que le Carrol n’est connu que de quelques habitants.
L’abbé Lemozi va alors se mettre en quête de trouver un autre lieu. Après bien des recherches, à un kilomètre du bourg de Cabrerets, à proximité de la grotte de Pech-Merle, qui est toujours très visitée, au départ de la route très fréquentée par les voyageurs et les touristes, il y a un endroit pittoresque, d’aspect un peu « palestinien », entouré de verdure surmontant un petit couloir souterrain servant de crypte. 
C’est dans ce lieu, l’actuel emplacement de ND des Voyageurs, que, sous la direction de l’architecte Etienne CUQUEL, d’excellents ouvriers du pays ont érigé une tour symbolique, portant dans ses flancs une niche en pierre meunière, rappelant la niche du Carrol, et où la nouvelle statue de Notre-Dame des Voyageurs est placée. Il y avait quelques colombes blanches, de la même matière (terre de fer) qui entouraient la statue, symbolisant les âmes innocentes.
Le monument est entouré de 14 croix en bois de chêne, portant des plaques losangiques en terre de fer, sur lesquelles sont représentées les scènes de la Passion (c’est donc un chemin de croix : à nous de le retrouver !). 
Dans petite grotte, on peut voir la scène de l’Agonie, avec l’ange consolateur et les Apôtres endormis. C’est le début du chemin de croix, cette route pénible et douloureuse que la Vierge suivie, à la suite de son fils quand elle accompagnait Jésus au Calvaire.
A proximité du chemin de croix, et à la mémoire de ceux qui ont terminé leur voyage terrestre et attendent peut-être en Purgatoire leur délivrance, une croix peinte en noir, porteuse d’un rameau de lierre, symbole d’immortalité, a été plantée sur un petit tertre tumulaire. Dans nos prières, pensons souvent à nos frères défunts et invoquons Notre-Dame des Voyageurs, afin qu’elle les accompagne jusqu’au bout du chemin, le Ciel ! A nous de retrouver ce tertre et de voir comment le remettre en état.
Notre-Dame des Voyageurs : en lien avec la victoire sur l’Antique Dragon 
(cf. Livre de l’Apocalypse) !
Le Pech-Merle, sur les pentes duquel a été érigé le monument de ND des Voyageurs, constitue une sorte de plateau surélevé, venant mourir en falaises, plus ou moins abruptes, sur le bord du ruisseau de la Sagne, qui se jette dans le Célé, au village même de Cabrerets. Cette colline est formée d’un calcaire jurassique très fissuré et percés en de nombreux endroits, gouffres, galeries, formés par des courants d’eaux souterrains qui circulent maintenant beaucoup plus bas. Celles-ci se traduisent par des sources, comme celle de la « Dragonière », au niveau de la vallée.
C’est auprès de cette source, dont les eaux comprimées s’élèvent parfois en colonne à une très grande hauteur, que se trouve le monument de Notre-Dame des Voyageurs. Si bien que cette Vierge épouse naturellement cette image de la Bible, la Vierge victorieuse du Dragon infernal ! En effet, cette source est appelée « Dragonière » (antre du Dragon) sans doute par suite de la frayeur que causait aux habitants cette colonne d’eau qui apparaissait au moment des grandes pluies, causant de terribles inondations. On sait que cette appellation est très ancienne. Quant à Pech-Merle, on l’appelait avant « Le Pech Grand », surement en écho au prestige de la préhistoire qui avait fait de cet antre, un lieu religieux et initiatique. 
Reste désormais à notre génération de permettre à Marie d’exaucer cette prière d’inauguration, composée par l’abbé Lemozi : « Daigne, Notre-Dame des Voyageurs, Reine du Ciel et de la Terre, marquer d’un lustre et d’une « grandeur » nouvelle, la célèbre colline au nom prédestiné. Qu’elle soit visitée chaque année par des milliers de touristes ! Notre Dame des Voyageurs, priez pour nous ! ».


Achat du terrain.


Un demande actuelle est en cours pour mettre à jour le cadastre, selon la volonté du père Lemozi, qui a acheté ce terrain. Outre la copie de son leg, voici ce qu’il écrivait : « Le mercredi 27 Avril 1955, en la solennité de la fête de Saint-Joseph, a eu lieu l’achat du terrain, appelé désormais « le camp de Notre-Dame » ou plus simplement « la Chapelle ».Ledit acheteur cèdera le terrain de Notre-Dame à l’Association Diocésaine. La superficie de cet emplacement est de 2750 mètres carrés environ. Ce terrain s’appelait autrefois « Malpas » (mauvais passage) car c’est dans ces parages que quelques attaques nocturnes s’étaient déroulées. Confiants en Notre-Dame, un jour, cet endroit s’appellera « Bonpas » ! 
Proposition : est-ce qu’on ne peut pas appeler ce lieu « Bonpas, Notre Dame des Voyageurs » ? 
Le petit autel, dans la crypte de Notre Dame des voyageurs.
Il existe sur la commune de Cabrerets, un ancien pèlerinage de St Julien des Quatre Combes et une chapelle dédiée à ce saint. Celle-ci avait été construite avant 1277 sur les confins de la commune de Cabrerets, au pied de l’oppidum de Murcens, sur la commune de Cras. De l’ancienne chapelle, il ne reste guère que le souvenir. Mais fin de la 2ème guerre mondiale, l’abbé Lemozi avait repéré à coté du vieux moulin de St Julien, au milieu des ronces, un petit autel en grès, qui occupait une place dans une chapelle complètement disparue depuis longtemps. Les propriétaires ont accepté de mettre cet autel à la disposition de la paroisse de Cabrerets et ils l’ont transporté dans la crypte de Notre-Dame des Voyageurs. Cet autel, comme celui de Saint-Hilaire, est muni dans son milieu d’un petit « sépulcre » destiné à recevoir les reliques d’usage. Il est en place, dans la crypte du Camp de Notre-Dame, à côté d’une statue du Sacré Cœur. Il était temps de sauver cet autel car il ne servait plus que comme pierre à aiguiser…
L’autel attenant à la tour de Notre-Dame de Cabrerets.
Le jeudi 20 décembre 1956, Mr Couderc cède à l’abbé Lemozi l’autel de l’ancienne église de Saint-Hilaire de Val-Maïré. Cette église, ruinée depuis plusieurs siècles, était située près de Font-Polémie, dans la vallée du Vers. Depuis 50 ans, l’autel était livré à l’abandon dans un fossé, au bord de la route de Lauzès, près de Maleyrie. En fait, après la démolition de l’église, il y a plusieurs siècles, l’autel fut abandonné pendant de très longues années dans un pré voisin, et, bien plus tard, il a glissé dans la chaussée de la route. Cet autel fut adossé à la tour de Notre-Dame de Cabrerets et de la sorte, réhabilité, après un très long oubli et un complet abandon. 
On peut rajouter qu’un beau cadran solaire symbolique, venu de Caniac (perdu aujourd’hui et en attente d’en placer un nouveau), et une petite croix en pierre, abandonnée dans une haie près Dantonet, figurent près de la Vierge de Cabrerets.
L’inauguration par Mgr Chevrier.
Fin juin 1960, l’évêché de Cahors envoie une lettre à l’abbé Lémozi où il est écrit : « vu la supplique adressée par le chanoine Amédée Lemozi, curé de Cabrerets, nous avons accordé et accordons par les présentes, à Mr le chanoine Lemozi ou au prêtre qu’il désignera, l’autorisation de bénir solennellement une statue de la Très Sainte Vierge, placée sur le territoire de la paroisse de Cabrerets. 
Nous accordons en outre, une Indulgence de 100 jours à tous les fidèles de l’un et de l’autre sexe qui réciteront pieusement, devant ladite statue, la pieuse invocation : « Notre-Dame de Cabrerets, patronne des voyageurs, priez pour nous ! Donné à Cahors, le 28 juin 1960. Paul Chevrier, évêque de Cahors ».
A la même date du 28 juin 1960, Mgr Chevrier donnait une autorisation analogue pour la bénédiction d’une statue du Sacré-Cœur, placée dans la crypte qui se trouve à proximité de la statue de ND de Cabrerets. 
Une indulgence, du latin « indulgere », qui signifie « accorder », est la rémission totale ou partielle devant Dieu (à Notre Dame des Voyageurs, elle est totale) de la peine temporelle, parfois appelée « pénitence », en raison d’un péché déjà pardonné par le sacrement de réconciliation. Le code de Droit canonique consacre aux Indulgences, le chapitre 4 du titre 4, portant sur le sacrement de pénitence. Le canon 992 définit l’indulgence comme : « la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Eglise, laquelle, en tant que dispensatrice de la Rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints ». Cette définition est tirée de l’encyclique Indulgentiarum Doctrina de Paul VI, reprise dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique, au point 1471, suivie d’une explication.
On peut cerner la notion par :
Son effet : remise des peines temporelles restant à satisfaire pour les péchés remis, 
Sa forme : un acte de piété, de charité, de dévotion, etc. qui est substitué désormais aux extrêmes rigueurs pénitentielles exigées dans les premiers temps de l’Eglise,
Sa nature : l’Eglise se considérant gestionnaire en quelque manière du dépôt des mérites acquis par les saints et dispensatrice de la satisfaction du Christ.
Même si la pratique des Indulgences est moins courante aujourd’hui, elle subsiste clairement de nos jours. Face aux dérives de vision magique et l’oubli de la nécessité de vivre le sacrement de réconciliation (qui lève la peine éternelle) afin qu’une indulgence fonctionne (levée de la peine temporelle), cette indulgence partielle devrait être réactualisée : demande possible pour l’inauguration à venir d’une indulgence plénière, validée par Mgr Camiade et le Saint Siège, par exemple. Affaire à suivre, sous la responsabilité et la volonté de notre évêque. 
Peut alors avoir lieu l’inauguration de l’oratoire de Notre-Dame des voyageurs : C’est une importante date dans l’histoire de la paroisse de Cabrerets. Le lundi 15 août 1960 à 16h, sous la présidence du vicaire général, M. le chanoine Mamoul, en présence de plusieurs autres prêtres, a lieu la bénédiction solennelle de l’oratoire de Notre-Dame de Cabrerets, patronne des voyageurs. Cela faisait 41 ans que l’abbé Lemozi voulait restaurer le culte de ND du Carrol. Ainsi, ND des Voyageurs devient la continuatrice de ND du Carrol ! 
A 16h, les pentes et les esplanades étagées du fief de Notre-Dame, délimité par sept colonnes « bleu-ciel », étaient couvertes de grappes humaines, parmi lesquelles la grappe des enfants de la communion solennelle de Cabrerets et de Bouzies.

LE PROJET EN 2018 : CONTINUER L’ŒUVRE DE L’ABBE LEMOZI

Depuis le mois de mai 2018, des équipes de jeunes, accompagnées par des paroissiens de Carebrets, par le curé et un maçon –Miguel-, se sont mises en route pour restaurer l’oratoire. Tout a commencé par débroussailler le site, un très gros travail ! S’en est suivis plusieurs travaux : pose de deux grilles à la place des portes vermoulues pour fermer les deux ouvertures, dont la chapelle dédiée au Sacré Cœur, Javellisation des murs de ladite chapelle, élagage des arbres, réouvertures de chemins latéraux, mousses omniprésentes enlevées, pose d’une barrière sur le chemin qui conduit vers le niveau intermédiaire (niveau chapelle), traitement des buis contre la pyrale, réparation de l’ouverture « puits de jour » au-dessus de l’autel, pose de nombreuses jardinières sur les murs, restauration de l’ouverture de droite, avec mise de deux statues : St Joseph et la Vierge pèlerine, mise en place d’une proposition de déposer des lumignons afin de faciliter la prière, etc. 
Beaucoup de choses restent à faire : sécuriser la montée en y faisant un escalier en bois (contre les coulées de boue), finir de nettoyer le site, restaurer et repeindre les deux croix, étudier la réhabilitation d’un chemin de croix, pose de graviers au sol de la chapelle, ainsi qu’une lampe qui éclairerait cette chapelle avec détecteur de mouvement, restaurer le tableau en terre cuite de « l’Annonciation », planter des fleurs et des nouveaux buis, mettre deux tables de pique-nique (en bois, comme dans les aires d’autoroute), mettre une signalisation afin d’indiquer le site, création d’un parking (pose de castine et avec place personnes handicapées), traitement au javel puis à la fibre de verre (ou sableuse), fabrication de flyers pour signaler l’existence du site, etc. etc.
Ca, c’est la rénovation du patrimoine ! Mais il faut aussi penser à la rénovation spirituelle. A part la restauration de la chapelle, la pose de nouvelles statues, l’oratoire doit entrer dans une démarche d’accueil en proposant une halte spirituelle aux personnes visitant les grottes de Pech-Merle.

St Cirq Lapopie – Oratoire ND des Voyageurs :
Les jeunes au service de l’accueil et de l’évangélisation des touristes, 
des visiteurs et des pèlerins.

La base existante : la Mission St Cirq. Il convient de fusionner la proposition spirituelle de St Cirq Lapopie avec l’oratoire qui ouvre le chemin vers Pech-Merle. En effet, suite au changement de curé du groupement paroissial de Limogne en septembre 2017, après des années d’une « Mission St Cirq » extraordinaire et fructueuse, où des familles d’autres diocèses ont donné de leur temps de vacances pour donner un accueil priant et fraternel en l’Eglise de St Cirq Lapopie, le nouveau curé a pris le relais, mais doit y apporter sa touche personnelle, liée à son désir de vivre « l’Eglise familiale », selon l’intuition de Mgr Turini. 
Et c’est un défi, non pas uniquement de Cabrerets, mais de tout l’ensemble paroissial de Limogne : fédérer une unité rendue difficile par la géographie et les changements liés aux « découpages » récents. La paroisse de Cabrerets a été récemment divisée en trois autres paroisses, l’EAP de Vaylats a disparu récemment, et l’église de St Cirq animée l’été… uniquement par des personnes n’appartenant pas habituellement à la paroisse. A travers ce projet, l’idée est rendre acteurs paroissiens et habitants du territoire paroissial, car pour accueillir des touristes et des pèlerins, il faut bien des personnes habitant à l’année sur le secteur ! 
Aussi, une double décision a été prise en Conseil Paroissial (en date du 01 février 2018) et en Conseil Economique (en date du 27 février 2018), ainsi que dans l’équipe de la pastorale des jeunes de la paroisse : oublié la location du gite et finie la prise en charge de St Cirq Lapopie par des familles d’autres régions ; les jeunes de Notre Dame vont offrir leur jeunesse, leur énergie, leur sourire et leur sincérité dans cet accueil, et par ce biais, apprendre à prier, à chanter les louanges de Dieu d’une manière incarnée : quand une personne prie et accueille son prochain, on entre dans la demande du Christ : « aimer votre prochain comme vous-mêmes » (Mt 22.39, reprenant Lv 19.18).
Petite parenthèse : à St Cirq, une table avec des feuillets seront proposées afin que les visiteurs puissent déposer anonymement leurs intentions de prières, qui seront déposées toute l’année, une après l’autre, au pied du St Sacrement, lors de l’adoration eucharistique de chaque mardi, au presbytère. Ainsi, la communauté paroissiale, qui ne peut pas venir animer St Cirq (à cause des difficultés géographiques, de parkings, de l’âge avançant de nombreuses personnes) pourront porter communautairement, en Eglise, cet accueil et cette prière. En étudiant la réalité touristique de la « Vallée » (comprenant Cenevières, Cornus, St Martin Labouval, Sauliac sur Célé et le Roc Traoucat, Tour de Faure, St Cirq Lapopie, Cabrerets), les Conseils ont pris acte d’une constatation du nouveau curé qui amène un regard neuf : il n’y a pas qu’un seul endroit où il y a beaucoup de visiteurs à accueillir, mais… deux ! St Cirq Lapopie bien sûr, mais aussi les grottes de Pech-Merle (80.000 visiteurs annuel). 
L’idée est donc de proposer une « halte spirituelle et fraternelle » pour les visiteurs allant aux grottes et un accueil dans la prière en l’église de St Cirq Lapopie tout au long de l’été.
Il y avait du travail… 
Pour cela, les jeunes de l’association des JND, fondée par le curé actuel ont défini une semaine de service minimum chacun entre le 14 juillet et le 15 août 2018. Equipes qui seront accompagnées sur St Cirq par le père Jean-Gabriel Sambou, venu cet été en renfort du Sénégal, et le père Franz sur Cabrerets. Les deux services vivant quotidiennement le sommet de leur journée par l’eucharistie célébrée en l’église de St Cirq Lapopie à 18h.
Quant à l’oratoire ND des Voyageurs, le coût des travaux sera porté par les finances de l’association des JND, qui a organisé des lotos, des ventes et autres manifestations tout au long de l’année pour cela ; mais également la paroisse (achat de troncs, de lumignons, les transports, la nourriture des jeunes, le logement, etc.), et la municipalité de Cabrerets (signalisation et parking). 
Longue vie à ce projet, afin de redonner au site Notre Dame des Voyageurs, sa beauté, à la suite de l’intuition de l’abbé Lemozi, et en accomplissant l’animation spirituelle que l’abbé n’avait pas pu mettre en place pour raison de santé !

Prière à Notre-Dame des Voyageurs 

O Vierge de Cabrerets, aimée de nos ancêtres,

au milieu de vos jours glorieux,

n’oubliez pas les tristesses et les angoisses de la terre.

Renouez avec nous, pauvres voyageurs que nous sommes,

votre antique alliance, et touchée par notre confiance,

oubliez nos faiblesses et nos infidélités. 
O Marie, notre douce espérance,

souvenez-vous de vos anciennes bontés ;

votre pouvoir n’a point faibli et votre amour maternel n’a point changé !

Intercédez pour nous auprès de votre Divin Fils.

Laissez-nous vous redire de la bouche et du cœur,

pour nous, nos défunts, nos chers bienfaiteurs,

l’oeuvre des vocations, les égarts, les malheureux

et pour ous nos frères qui passent. 
Notre-Dame de Cabrerets, Patronne des voyageurs, priez pour nous. Amen.

- Maryse David, 05 65 31 34 09

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