Bienheureuse IPHIGENIE DE SAINT MATTHIEU

Bienheureuse Iphigénie de Saint-Matthieu martyre de la révolution française à Orange (✝ 1794)


Françoise Gabrielle Marie Suzanne de Gaillard naquit à Bollène le 23 Septembre 1761. Fille de Jean Antoine de Gaillard de Lavaldène et de Jeanne Gabrielle Christine de Bouchon, elle trouva dans son berceau, avec l’héritage d’une haute noblesse, un abondant patrimoine de vertus Chrétiennes.

Ses parents la présentèrent au Baptême le lendemain de sa naissance, prirent soin de la former dès son jeune âge aux pratiques de la piété, et confièrent, quand le moment en fut venu, aux Religieuses Sacramentines de Bollène, la tâche d’instruire des sciences profanes leur enfant bien-aimée.

Ces vertueuses maîtresses ne se contentèrent pas d’orner l’esprit de leur élève. Elles s’appliquèrent à lui conserver, en les développant de leurs leçons et de leurs exemples, les germes de sainteté reçus au foyer paternel.

Aussi, à l’âge de 17 ans, à l’instant où d’ordinaire les jeunes filles délaissent volontiers le couvent pour rentrer dans le monde, Suzanne demanda et obtint la permission de demeurer en qualité de postulante dans la maison où elle avait été élevée.

Le 11 Février 1779, elle recevait l’habit des Sacramentines des mains de Mgr de Lambert, Évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, et prenait le nom de Sœur Iphigénie de Saint-Mathieu [1]. Le 13 février 1780, elle se consacrait définitivement à Dieu. Malgré sa jeunesse, elle accomplit ce jour-là, un acte mûrement réfléchi, attachant pour toujours au couvent qui lui était déjà si cher son cœur jeune professe, et liant joyeusement sa volonté aux observances d’une règle à laquelle elle devait rester fidèle jusqu’à la mort.

Lorsqu’en effet, au mois d’octobre 1792, le couvent fut supprimé, et les religieuses dispersées, elle ne voulut pas se séparer de ses compagnes, et elle chercha avec elles, dans la maison louée par Mme de la Fare pour y recueillir la Communauté dissoute, un refuge que sa famille eût été très heureuse de lui donner. Elle vécut dans cette retraite, dénuée de tout, mais continuant avec ses sœurs, les exercices de la communauté, et pratiquant les pénitences et les oraisons ordonnées par la règle.

Le mardi de Pâques 1794 elle fut arrêtée, et le 2 mai suivant, on la conduisit à Orange, dans la prison de la Cure, où elle reprit sa vie de sacramentine, à peine interrompue par son voyage.

Elle n’y arrivait pas seule. Vingt-huit Religieuses, Ursulines ou Sacramentines de Bollène, furent incarcérées en même temps. Son père inscrit sur la liste des suspects était depuis le 7 Avril emprisonné dans la Baronne, et sa mère devait le 29 Juin rejoindre sa fille à la prison de la Cure.

Suzanne comparut le 7 juillet, dans la matinée, devant ses juges. On espérait qu’en la séparant de ses compagnes, en la faisant comparaître seule, on aurait plus facilement raison de sa jeunesse, et on se flattait de la voir plus facilement condescendre à des vues sacrilèges, en la privant de la présence des autres Religieuses et des exemples de fermeté qu’elles lui auraient donné. Mais les juges ne savaient pas la puissance de la grâce. Celle qu’ils redoutaient de voir influencée par le courage de ses compagnes leur servit elle-même de modèle.

L’accusateur public renouvela contre Suzanne les accusations de fanatisme, de superstition dont il s’était servi la veille contre Suzanne Deloye, et lui fit, à elle aussi un grief de n’avoir pas prêté le serment de Liberté-Égalité. Le président lui ayant alors demandé si elle consentait à le prêter. – « Je refuse, répondit-elle. J’ai fait serment à Dieu ; je ne puis en être déliée par les hommes.

D’ailleurs, je ne connais pas de plus glorieuse et de plus douce liberté que l’accomplissement de mes vœux monastiques. Le serment que vous me demandez serait un véritable crime ».

Elle fut donc condamnée à mort. Un malheureux Prêtre qui, non content de prêter tous les serments, avait par surcroît d’apostasie renoncé à ses fonctions Sacerdotales, fut condamné avec elle. Il est permis de croire que la fermeté de Sœur Iphigénie de Saint-Mathieu dut éveiller des remords dans cette âme coupable et lui mérita, au seuil de l’éternité, la grâce du repentir.

Vers les six heures du soir, Suzanne de Gaillard montait sur l’échafaud, après avoir reçu, au passage, dans la rue de Tourre, d’un Prêtre demeuré fidèle, une dernière absolution. Elle avait trente-deux ans, et elle avait passé quatorze ans dans la Vie Religieuse.

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