Déclaration officielle du Père Franz sur les préparatifs du déconfinement

"Aux catholiques du groupement paroissial de Limogne, Notre Dame des Causse-Vallées, en ce dimanche 03 mai, journée des vocation, Mis à jour le lundi 04 mai suite à la parution officielle des nouvelles directives de Mgr Laurent Camiade, évêque de Cahors". Groupement paroissial de Limogne en Quercy Presbytère / 115, rue de Cénevières 46260 LIMOGNE EN QUERCY paroisse.limogne@gmail.com 05 65 31 50 27 Limogne, le 03 mai 2020 Chers amis, Peut-être certains se sont émus de voir que j’ai pris la décision de ne pas vivre le confinement au presbytère de Limogne. Et c’est légitime ! Vous imaginez bien que si j’ai agi ainsi, ce n’est pas de gaieté de cœur mais conduit par les évènements difficiles liés à cette période compliquée. En effet, vous n’êtes pas sans savoir que la France a été touchée par le Covid 19 et que personne n’est à l’abri. Riche au pauvre, gens de la ville ou de la campagne, blanc ou noir… nous sommes tous égaux face à ce risque de ce virus invisible qui frappe à l’aveugle. Même votre curé n’est pas exclu de cette pandémie. Il se trouve que j’ai été affecté par ce virus. Je vous rassure : ma vie n’a jamais été en danger, comme beaucoup de personnes qui ont développé les symptômes. Lors d’une sépulture, quelques jours avant le confinement (et à l’époque, on ne parlait pas des gestes barrières ou des risques de contamination), j’ai passé deux heures avec la fille de la défunte pour préparer la cérémonie. Vous savez comment je prends à cœur de préparer les enterrements. Le jour même, lors du baiser de paix, elle m’est tombée dans les bras, en pleurs. Dieu sait qu’elle aimait sa mère. Le souci est que le lendemain, de retour dans la région parisienne, elle a été hospitalisée et tombée en réanimation, touchée par le Covid 19. C’était donc au alentour du weekend avant le confinement. Je n’avais pas de symptômes (mais mon médecin m’a confirmé qu’il fallait plusieurs jours pour que la maladie produise des effets). Dieu merci pour vous, les messes dominicales ont été annulées deux jours avant le confinement, ce qui m’a permis de ne pas trop être en contact avec vous… La semaine qui a suivi (et j’étais au presbytère dès le mardi, comme chaque semaine, le premier jour du confinement), j’ai commencé à sentir un immense poids sur les poumons, une sensation d’étouffement, surtout la nuit, où je me réveillais car j’avais l’impression de ne plus arriver à respirer. C’est une sensation horrible… Et dans la foulée, on m’a annoncé cette hospitalisation de cette dame que j’avais côtoyé lors de cette sépulture. J’ai de suite fait le lien. Le souci est qu’au presbytère, certaines personnes passaient me voir comme si de rien était, malgré le confinement. Ce qui était vraiment sympa car elles voulaient savoir si je ne manquais de rien. Ca m’a beaucoup touché, cette attention, cette fraternité, sauf que… je risquais de contaminer chaque visiteur. La décision a été prise rapidement : je dois me mettre en quarantaine, ce que mon médecin m’avait d’ailleurs conseillé. Où aller ? Pas à l’hôpital car je n’étais pas si malade que ça. Juste quinze jours à avoir du mal à respirer, comme une barre sous les poumons, au niveau du plexus, mais supportable. Pas chez ma mère : hors de question de l’infecter. Elle a un certain âge et il était impossible que je fasse prendre des risques à ma maman ! En même temps, notre secrétaire paroissiale, dont vous connaissez le dévouement et l’amitié qu’elle nous porte, a aussi été frappée par ce Covid 19. Sa belle-fille et son propre fils, revenant de stage de Toulouse, sont tombés eux aussi malades. Plus sérieux que moi : 40 de fièvre, limite à devoir aller aux Urgences. Sandrine est une maman, et comme toute maman, elle a pris soin de son fils, sa belle-fille et son petit-fils, tout trois contaminés. Du coup, elle a surement été affectée par ce virus… comme moi. D’où la décision que j’ai prise : je lui ai demandé asile car je ne risquais pas de la contaminer, afin que je ne puisse contaminer personne. Et j’ai fait croire que je n’étais plus du tout au presbytère afin d’éviter toute visite. Vous vous imaginez bien que c’est impossible de faire vivre la paroisse, même au ralenti, sans être présent, sur place. Les enterrements, les demandes de sacrements de malade qui n’ont jamais été aussi nombreux, mais aussi beaucoup de souci « techniques » du quotidien qui ne se sont pas arrêtés avec le confinement. Oui, officiellement afin de protéger tout le monde, je n’étais pas sur Limogne ; alors que presque chaque jour, j’assurai ma présence dans la paroisse, au gré des nombreuses demandes que le curé doit assumer. D’ailleurs, plusieurs d’entre vous m’ont contacté pour faire appel à mes services, pour des raisons très diverses et j’ai mis un point d’honneur à y répondre dans la journée. Non, personne n’a été abandonné ! J’ai également mis à profit ce temps pour ériger de mes mains un « ermitage-oratoire », en lien avec ma spiritualité que vous connaissez : « Ora et labora » (prier et travailler) des Bénédictins en lien avec l’harmonie de la Création (spiritualité franciscaine). Ermitage construit par mes soins pour la gloire de Dieu et le salut du monde, lieu qui m’a permis d’avoir un lieu pour célébrer et prier. Pour ceux qui reçoivent le journal paroissial, vous avez pu découvrir en photos, dans l’encart central du Causse-Vallées de ce mois de mai. Pour tous ceux qui désirent le voir, n’hésitez pas à aller voir sur le site de la paroisse « paroissedelimogne.fr ». Je sais que plusieurs personnes se sont émues de mon « absence » officielle mais le confinement n’est pas une blague et si le Gouvernement a arrêté la France pendant deux mois, ce n’est pas pour des raisons futiles. Je peux vous dire que ce virus est une vraie calamité et que mon premier rôle, je pense, est de prendre soin de chacun de vous, quitte à se sentir un peu orphelin. Je ne sais pas si j’ai pris la bonne décision, mais en ces temps uniques dans l’histoire de France et de notre Eglise, on fait comme on peut, sans repère ni référence. Tout est allé si vite et personne n’était préparé. On assure au mieux selon ce que la conscience vous dicte. La mienne m’a inspiré de devoir mettre une distance physique envers vous, tant que je n’étais pas sûr de ne pas mettre vos vies ou votre santé en danger. Aujourd’hui, je suis guéri. Reste juste une immense fatigue mais il paraît que c’est normal. Et j’ai heureusement du temps pour me reposer ! Ne vous inquiétez pas, je suis apte au service et ma motivation pour annoncer Jésus-Christ n’en est que plus développée ! Je ne sais pas comment la reprise se passera, nous ne reprendrons pas nos vies et la pratique comme avant, j’imagine. Nous garderons les gestes barrières, nous devrons sûrement créer de petits secteurs pour éviter une assemblée trop nombreuse, démultiplier les messes. Nous attendons les consignes de notre évêque pour y voir plus clair, il saura nous aider à reprendre notre vie eucharistique, notre prière communautaire, boire à la source de la Parole, reprendre une vie nouée de relations, tout en respectant strictement les consignes sanitaires que le Gouvernement nous donnera. Pour avoir été touché par ce virus, vous pouvez compter sur moi pour être très vigilant sur la stricte application des consignes de Mgr Camiade et du Gouvernement. De mon côté, j’ai mis des centaines de buis bénis lors de la messe des Rameaux que j’ai célébré seul. Il y en aura assez pour tout le monde. Ils sont dans une cave bien ventilée, à l’abri de la lumière. Et j’avoue qu’ils sont encore verts et qu’ils résistent bien au temps qui passe ! Je vous ai aussi préparé l’eau pascale que je distribuerai aux différentes églises, quand nous aurons le droit de le faire. A ce sujet, nous avons reçu ce soir, lundi 04 mai, des consignes nouvelles de Monseigneur Laurent Camiade qui nous donne une première vision de ce que pourrait être la reprise, même si un vademecum national complètera les diverses mesures sanitaires et sera publié en fin de semaine. Un texte très riche et rempli de force et d’espérance de notre évêque, que vous pouvez trouver sur le site du diocèse de Cahors. Mais permettez-moi de vous en donner quelques extraits : « nous venons d’avoir une visioconférence avec tous les évêques (…) le premier ministre a manifestement entendu la demande de plusieurs d’entre nous de permettre à nouveau des célébrations au moins pour la Pentecôte (…). Quoiqu’il en soit, à partir du lundi 11 mai, si les rassemblements de plus de dix personnes demeurent interdits pour des raisons claires, les personnes pourront circuler librement, se rendre visite. Les conseils et réunions sont possibles toujours dans les conditions sanitaires de moins de dix, laissant un rayon de plus d’un mètre entre tout le monde, en désinfectant les salles, les sièges et les tables. Il sera prudent de laisser aux personnes qui ont des craintes pour leur santé la possibilité réelle de ne pas se sentir obligées de venir. L’enjeu reste de ne pas multiplier ni les va-et-viens ni les contacts. Vous découvrirez dans cette déclaration des pistes pour beaucoup de sacrements, mais concernant l’adoration et la messe, voilà ce que Mgr Camiade nous écrit : « L’adoration eucharistique sous forme de relais (sans rassemblement) est possible » (cela signifie pour Limogne que l’adoration du mardi soir dans l’oratoire du presbytère ne peut pas encore être ouvert aux paroissiens, trop confiné. Je vous porterai devant le Seigneur, et n’hésitez pas, de chez vous, à prendre cette heure hebdomadaire de prière !). Il n’est pas exclu de permettre, à condition de respecter la limite de 10 personnes, la participation de fidèles à la messe de semaine et éventuellement le dimanche ; la difficulté étant de réguler ces personnes : comment ne pas provoquer de jalousie ? Il faut absolument éviter de laisser croire que nous contournerions l’interdiction de rassemblement, ce qui pourrait qu’indisposer, à juste titre, nos gouvernants et manifesterait un manque coupable de responsabilité ». Dès que nous aurons les informations complémentaires, je réunirai l’EAP et je reviendrai vers vous pour vous tenir au courant des décisions concernant la reprise concrète des sacrements et des activités paroissiales ! Je vous donnerai le nouveau planning des messes qui sera changé, notamment avec l’annulation des fêtes votives des villages. Je profite de l’occasion pour vous demander de vérifier que les plannings mais aussi les annonces ecclésiales périmées soient bien enlevés des panneaux d’affichage ! En attendant, je vous porte quotidiennement dans mes prières, notamment lors des offices du Bréviaire, lors du chapelet que je prie en me promenant seul dans la campagne, et surtout lors de la messe de chaque jour. Le Seigneur est avec nous, jamais il ne nous laissera orphelin ! A très bientôt la joie de vous revoir tous ! Prenez bien soin de vous, en santé et en sainteté ! Prenons soin les uns des autres. Que le Seigneur vous bénisse ainsi que tous les vôtres. Avec toutes mon amitié, +Franz, votre curé

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