LES DIMENSIONS DE LA MISSION DE L’EGLISE 2 ième PARTIE (MARS 2020)


Les trois dimensions de la Mission

L’Eglise reçoit du Seigneur une triple mission : la communion, le témoignage et le service. Il y a, entre autres, deux textes fondateurs à cet enseignement : Mt 28, 18-20 : « Allez, enseigner toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du St Esprit, enseignez-leur à vivre comme je vous l’ai transmis », Ac 2, 42-47 : « Ils étaient fidèles à l’enseignement des apôtres, à la prière, à la fraction du pain, et ils mettaient tout en commun ». 1. La communion. La communion, c’est le Christ ! Dieu qui s’unit avec toutes les créatures en Jésus Christ : La communion est constitutive de l’Eglise, qui est l’ensemble des sarments qui sont greffés sur le cep, c’est l’ensemble de ceux qui communie avec le Christ. L’Eglise est communion des personnes, des communautés, des églises locales : C’est le corps du Christ. La vie en Christ est communion entre les hommes et Dieu. Ce n’est pas qu’un partage ou un rassemblement : C’est dans l’être même du Christ et de l’Eglise d’être communion. Ce n’est donc pas au niveau des communions sentimentales, mais au niveau ontologique (de l’être) avec les Apôtres. En accueillant cette communion entre personnes, on décide de la vivre pleinement avec toute notre volonté. Et les sentiments arrivent après (cf. Deus Caritas est, N° 18). Jn 17,22 : « Je lui ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un » : Ce que le Christ a fait, c’est pour qu’ils soient uns, afin que le monde croit. St Irénée rajoutait : « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant » : Et faire ce pour quoi on est fait, c’est-à-dire rendre gloire à Dieu. La liturgie est orientée vers cela pour le salut du monde (et donc le nôtre) : il y a donc une exigence œcuménique. La communion est trinitaire. Trinité : Modèle de communion. C’est une diversité de personnes qui trouve une unité de nature, donc de fécondité. C’est sur ce modèle qu’est fondée la communion ecclésiale, qui a plusieurs dimensions : Collective : Avec les autres ; personnelle : Avec Dieu. Et les deux sont forcément liées. Par exemple, je n’ai pas besoin d’aller à la messe pour être chrétien, signifierait qu’on n’a pas besoin de voir les autres, qu’on ne veut pas vivre cette communion collective, voulant garder pour soi sa communion personnelle ! Et la conséquence est définit par Lumen Gentium 1 : « L’Eglise est dans le Christ en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire le signe et l’instrument de : l’union intime avec Dieu et l’unité de tout le genre humain ». L’Eglise ne renonce pas à tendre vers cela malgré les difficultés, et cela fait avancer le monde. En Eglise, nous avons deux dimensions inséparables : Théologale : Union intime avec Dieu (Vertical), Fraternelle : entre tous les hommes (Horizontale). 1 Jn 1,3 : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons afin que vous soyez en communion avec nous et que notre communion soit avec le Père, et son Fils Jésus-Christ ». Pour vivre cela, il faut au moins trois conditions : - Reconnaissance de la diversité légitime des personnes et des groupes : Car chaque homme est différent et unique. - Etre lucide sur nos conflits et leurs causes profondes : Car, inévitablement, diversité de personnes implique diversité d’opinions, surtout sur les questions qui nous sont les plus chères. Et cela concerne en premier lieu l’Eglise (Ex : Liturgie et Catéchèse), ce qui est normal car ce sont les sujets fondamentaux, les deux lieux majeurs de la transmission de la foi. Et il faut de l’humilité et de l’humour (humeur + Amour). - Accueil des charismes (cf. 1 Co 12) : le pasteur est au service des charismes dans les paroisses. Il ne faut pas satisfaire les désirs immédiats des paroissiens et il faut accepter un temps de passer pour un « méchant » en mettant quelqu’un là où il n’avait pas demandé en premier lieu. Cela suppose de discerner quel charisme chaque personne de la paroisse possède personnellement. Ainsi, la communion, c’est un don de Dieu accompagné des tâches à réaliser. Dieu donne ce qu’il ordonne : Si Dieu me demande de faire cela, il me donne aussi les moyens. On pourrait même dire que « Dieu ordonne ce qu’il donne ». La communion doit être une victoire de la foi, pour qu’elle ne soit pas remise en cause par la première difficulté : face à un pseudo « motus vivendi ». Et l’Eglise est attentive à arriver à ce niveau de communion, en tout cas dans le désir de vouloir vivre cela. Et le jour où on y arrive, on le vit comme une victoire de la foi. 2. Le témoignage. Le schéma fondamental, c’est le Christ, Parole du Père pour les hommes. Le témoignage passe par des milliers de façons : Une parole, une écoute, etc. On doit témoigner devant toute créature, selon Mc 16,15 : « Allez enseigner l’Evangile à toute créature ». Et cela concerne l’Ecologie : La manière de se comporter avec le monde créé (animal, végétal et minéral) doit témoigner l’Evangile. C’est la responsabilité de tout disciple de tous les temps : et on s’adosse sur la foi de l’Eglise, fondée elle-même sur les Apôtres et qui partagent le sort des disciples. Ca signifie que l’Eglise sera toujours en conflit avec le monde : car le serviteur n’est pas plus grand que son Maître. Lorsque l’Eglise est fidèle à son travail, elle dérange toujours. Jn 16,8-11 : « L’Esprit confondra la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement : de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; de justice parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus ; de jugement, parce que le Prince de ce monde est jugé. ». Si on est fidèle à l’Evangile, on ne pourra pas être aimé par tout le monde : Et il faudra prier pour ses ennemis, pour ceux qui nous persécutent (Mt 5,44 : « Faîtes du bien à ceux qui vous persécutent ». Le martyr est la plus forte expression du témoignage : la fidélité passe parfois jusqu’à devoir perdre sa vie pour les autres. 1 P 2,9 : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, pour proclamer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ». 3. Le service. La référence, c’est le Lavement des pieds (Jn 13). Le service : toutes nos attitudes doivent témoigner de la bonté et de l’amour pour tous les hommes. Même quand on refuse quelque chose à quelqu’un, il faut le faire avec amour. Les diacres sont les ministres du service, et ils sont signes de ce service du frère qui n’est pas optionnel ! Ce service inclut le rapport avec les chrétiens mais aussi avec tous les non chrétiens. Car Dieu aime toute personne humaine, sans distinction. Le service de chrétien à chrétien : Jn 13,34-35 : « Je vous donne un commandement nouveau : Vous aimer les uns les autres ; Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres ». Conclusion. Dans Deus Caritas Est 19 : « Tu vois la Trinité quand tu vois la Charité ». Il ne faut pas confondre ces trois dimensions, mais savoir les articuler. A cela, on peut rajouter, en communion avec Deus Caritas Est, au paragraphe 31 : « De plus, la charité ne doit pas être un moyen au service de ce qu’on appelle aujourd’hui le prosélytisme. L’amour est gratuit. Il n’est pas utilisé pour parvenir à d’autres fins ». C’est malheureusement ce que font les sectes, notamment en Amérique Latine. N’oublions jamais qu’il n’y a pas d’utilitarisme dans l’amour : l’Amour est gratuit !

+Franz

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