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Mot du père Franz - Du 04 au 19 février 2023

Après la période de Noël, nous vivons comme un « entredeux » où nous sommes encore dans le souvenir de cette période de fête et l’attente d’un nouveau Carême. Nous avons retrouvé la couleur liturgique verte, celle du « temps ordinaire ». Ces quelques semaines font la transition entre la naissance du Christ et sa vie publique.

En quelques semaines, trouvent place, en accéléré, la Présentation de Jésus au Temple, la fuite en Egypte, Jésus parmi les docteurs de la Loi à l’âge de douze ans, puis… plus rien ! Car les Evangiles sont muets sur vingt années suivantes de la vie de Jésus. C’est le mystère d’une vie, la pudeur de Dieu qui désire garder son intimité, ce qui est légitime !

Or, l’enfance et la jeunesse de Jésus ont été beaucoup plus longues que sa vie publique. Exactement 10 fois plus longues ! Pour que la Promesse s’accomplisse, il a donc fallu attendre. Cette longue attente nous rejoint profondément, dans notre humanité : tous les parents et grands-parents la connaissent. Pour que le mignon bébé qui gazouille dans la poussette devienne une personne épanouie, combien de jours, combien de nuits, et de mois, et d’années, combien de caprices, de larmes, de jeux, de bouderies, de questions, de nuits blanches, de maladies et de guérison, de bulletins scolaires, de premières fois ?

Entre l’enfant qui trace ses premières lettres et celui qui passe son baccalauréat, entre la première balle en mousse et la finale du championnat, entre l’âge où l’on est bercé et celui où l’on berce ?

Oui, la Promesse met du temps à se réaliser. Le nouveau-né est tout de promesses, mais avant qu’elles ne s’accomplissent, nous aurons tout le temps d’espérer et de douter. Il en est de même pour notre vie spirituelle. Il nous faut du temps pour grandir dans la foi. A certains égards, quel que soit notre âge, nous sommes toujours comme des enfants dans la foi. Inconstants, tantôt enthousiastes, tantôt tièdes, tantôt naïfs, tantôt assurés…

Nous croyons souvent, comme les enfants, qu’il suffirait de trouver le secret de la foi, la clef, la méthode. Quelquefois nous nous pensons très sages ; puis vient l’évènement qui remet en cause nos certitudes. En réalité, nous grandissons lentement ! Notre esprit est plus lent que notre corps, et notre cœur est plus lent que notre esprit. Il ne faut pas moins d’une vie d’homme ou de femme pour devenir un adulte dans la foi. Et ce n’est jamais acquis ou figé une fois pour toute. Comme toute vie, il y a des hauts et des bas… Comme un encéphalogramme spirituel. Tant mieux : ça permet d’être toujours en mouvement. Le mouvement, c’est la vie ! Si c’est plat, c’est mort !

Une des erreurs communes de la vie spirituelle est la hâte. Non pas le désir : au contraire, il ne faut jamais cesser de désirer, il nous faut garder cette soif intérieure, cette soif enfantine (mais jamais infantilisante !).

Mais être pressé, ce n’est jamais bon : on ne fait pas pousser une carotte plus vite en tirant sur la tige ! Penser avoir tout compris, tout maîtriser, ou que nous pouvons tout comprendre est un leurre.

Laissons-nous aimer par le Christ, laissons-nous guider par l’Esprit Saint, laissons-nous grandir d’année en année, patiemment, dans la confiance et l’abandon, le cœur ouvert, à l’image du Christ, jusqu’à notre Pâque ! Le vie triomphera et elle sera belle, avec le Seigneur !

+Franz


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