Mot du père Franz - Du 06 au 21 février 2021

« La vie de l’homme sur terre est vraiment une corvée. On ne gagne que du néant. Les soirs n’en finissent pas. Je ne compte plus que des nuits de souffrance. Ma vie n’est plus qu’un souffle. Je ne verrai plus le bonheur ». Ainsi parlait jadis un homme appelé Job (1ère lecture du dimanche 07 février 2021). Ainsi parlent aujourd’hui tant de personnes de tout âge, de toute condition…

Les soirs n’en finissent pas avec ce couvre-feu à 18h… Les nuits de souffrance face à l’angoisse du lendemain… Ma vie n’est qu’un souffle pourraient dire toutes les personnes en réanimation à cause de la COVID… Je ne verrai plus le bonheur, pourrait être le cri de tant de personnes qui n’ont plus le droit de travailler. Je pense à nos commerçants, en particulier ceux sont on a affirmé qu’ils sont non essentiels alors qu’ils y ont mis tout le cœur, toute leur vie. Je pense à ces personnes si nombreuses chez nous qui faisaient des journées de travail ci et là au gré des saisons et des contrats journaliers ; je pense à toutes nos familles dont on nous dit qu’il ne faut plus voir ni enfants ni petits enfants ; je pense à tous ces professionnels des montagnes, à nos restaurateurs, nos bars et cafés, nos professionnels de la culture, à toutes ces personnes si nombreuses qui passent sous les radars des aides de l’Etat… Je pense aussi à toutes ces victimes des intempéries dans notre région, victimes matérielles autour du Célé ou du Lot, mais pire, victime terrible à La Toulzanie…

La belle-mère de Simon était aussi malade. Et la fièvre d’alors était une maladie grave. Jésus la prend par la main et la fit se lever. Aujourd’hui encore, il existe des lieux, des associations, des voisins, des rencontres où l’on se tient part la main, où l’on s’aide l’un l’autre à se tenir debout. Il suffit parfois d’une présence, d’un regard, d’un sourire –malgré le masque- d’un seul mot pour qu’une nuit s’éclaire, qu’on se sente reconnu et que dans la vie, entre un peu de bonheur.

Alors, la belle-mère de Simon se mit à les servir, la ville toute entière s’est pressée à sa porte. A la porte d’une maison devenue comme un temple, devenue une Eglise servante où Dieu est entré en vérité. Une Eglise où on a enfin redécouvert ce qu’est la solidarité et l’amour du prochain.

Une Eglise rayonnante, appelante, qui donne envie d’être rejoint, même au seuil.

Face à tous ces malheurs qui nous frappent de plein fouet, ce sont ces seules valeurs, avec la force de la prière, qui donneraient du sens, rempliraient le néant, raccourciraient les soirs, éclaireraient les nuits. Et qui rendraient du souffle, celui de l’Espérance…

Et puis Jésus est sorti pour aller ailleurs, dans les villages voisins, pour faire d’autres bonheurs. Car le partage de la joie, de la fraternité ne sera jamais terminé !

+Franz

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