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Mot du père Franz - Du 06 au 25 décembre 2022

Il y a 2.000 ans, Socrate se lamentait déjà de la désinvolture et du manque de respect des jeunes à l’égard de leurs aînés. Le conflit des générations n’est pas une nouveauté. De leur côté, les jeunes se plaignent des aînés qui leur font la morale, leur disent comment vivre, proclament des grands principes et les empêchent de vivre leur « liberté ». Pas étonnant que les divisions se multiplient, qu’on oppose les activités… comme si l’accompagnement des jeunes gommait le fait que l’accompagnement du MCR existe de la même manière…

« Aplanissez les chemins », nous dit Jean-Baptiste. Aplanir les chemins, n’est-ce pas, en ce temps de l’Avent, essayer d’abolir les obstacles qui empêchent d’aller les uns vers les autres, de se rencontrer, de s’accueillir, de s’écouter, de se respecter ?

S’accueillir ! Mais ce « S » majuscule, qui désigne-t-il ? Moi ou l’autre ? En fait, il peut désigner à la fois « soi-même » tout autant que « l’autre ». S’accueillir soi-même, avec ses limites, tout en sachant reconnaître ses qualités, ses capacités ; vivre le présent, en se libérant du poids du passé et tourné vers la lumière de l’espérance de l’avenir… ce n’est pas toujours le plus facile !

Mais si nous sommes capables de nous accueillir nous-mêmes, nous serons alors en capacité d’accueillir l’autre avec ses propres faiblesses, ses défauts, son âge, mais également ses qualités, dans un échange enrichissant, vitalisant… entre jeunes de moins de 110 ans !

La vieillesse, comme on peut l’entendre parfois, n’est pas une question d’âge. Il y a des jeunes qui sont vieux, car sans rêve, sans enthousiasme, déjà fatigués, coincés dans leur routine, leurs petites habitudes… et des aînés qui sont toujours jeunes, pleins d’entrain, de dynamisme. Qu’est-ce qui les distingue ? Les premiers vivent dans l’immédiat, allant de repas en repas, comme si la vie se réduisait à cette seule dimension. Tandis que les autres, peu importe leur âge, sont toujours en route, près à accueillir la nouveauté. Et se ce n’est pas avec leurs jambes, au moins c’est avec leur cœur, avec leur tête. De nos jours, ils sont si nombreux ces personnes qui meurent avant de mourir, qui meurent de solitude, de lassitude, de déception, de honte, de trop avoir galéré, souffert… qui ont baissé les bras et qui ont le sentiment que leur vie ne vaut plus la peine d’être vécue. Ils ont perdu leur image, le sens de leur vie, leur rôle dans la société…

C’est bien le sens de toutes les propositions de partage que la paroisse offre aux assemblées dominicales : que ce soit pour le Secours Catholique, ce 11 décembre –afin de redonner de la chaleur physique et morale dans des foyers qui n’en peuvent plus- ou la vente de petits produits pour les jeunes afin qu’ils gardent des projets toujours nouveaux, n’entrent pas dans cette routine que la Société leur propose (téléphone portable, jeux vidéo et autres écrans qui leur demande à heure fixe de cesser de vivre pour répondre à ces incitations).

Certes, ce sont des petites gouttes d’eau dans une mer de désir de bonheur, mais au moins, ces gouttes existent. Et si elles ne changeront pas le monde, elles peuvent changer des vies !

Déjà le temps de Noël se profile devant nous. Ne culpabilisons pas de nous réjouir, de préparer de bonnes choses, mais gardons néanmoins une petite place dans notre cœur au partage… pour laisser venir à notre table l’autre, qui est mon frère ! Ce qui vous avez fait à ce petit qui est mon frère, c’est à moi que vous l’avez fait ! Quelle plus belle manière d’accueillir la venue de Jésus (c’est bien ça, la Nativité !) en lui faisant une place dans nos vies, par la prière pour les souffrants, le partage pour les nécessiteux et la joie partagée pour le siens !

+Franz


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