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Mot du père Franz - Du 07 au 24 janvier 2022

J’aime beaucoup cette période de l’année où nous mettons le positif en avant, en nous souhaitant les uns les autres le meilleur, dans l’espérance, pour l’année à venir. C’est le seul moment où nous le faisons car rapidement, la réalité nous rattrape et, avouons-le, cela fait quand-même plusieurs années où il devient difficile d’y croire, voire de le faire… Covid, confinement, puis guerre en Ukraine, inflation, chauffage menacé, retraites et aides aux chômeurs remises en cause, etc. tout ceci n’aide pas et de plus en plus de personnes ne s’envoient même plus les vœux…

Et pourtant, il nous faut tenir la force de l’espérance et du désir ! Continuons de nous souhaiter la santé, la tranquillité, le bonheur, l’harmonie, la réconciliation, l’unité, la fraternité : la totale ! Tout en ne devenant pas de doux rêveurs. Gardons aussi le principe de réalité en se demandant si la réalisation de ces vœux légitimes dépend réellement de nous ? Pas sûr. Alors, il faut aller jusqu’au bout de notre réflexion : pourquoi Jésus nous exhorte-t-il à « toujours prier sans jamais se décourager » (Lc 18,1) ? Nous aurions une obligation de moyens, l’obligation de « prier sans cesse » (1 Th 5,17), et Dieu n’aurait aucune obligation de résultat ?

En ce début d’année, il est bon de se rappeler ce qu’est la vraie prière chrétienne. La prière ne fonctionne pas comme un distributeur automatique dans lequel il suffirait d’introduire la somme indiquée pour obtenir le produit sélectionné. Ce n’est pas pour rien que, de plus en plus souvent, je refuse de prendre de l’argent pour une intention de prière très forte ou urgente. Car la gratuité nous fait entrer dans ce qu’est la vraie prière. Non, nous ne pouvons pas acheter la grâce de Dieu, mais nous abandonner à Sa Sainte Volonté.

Mais en même temps, il y a bien, dans la prière, une demande, une contribution et un échange. J’aime beaucoup cette image qu’un ami m’a confiée concernant la Providence. Il me partageait que dans les fêtes foraines, on trouve parfois, entre les auto-tamponneuses, les manèges et autres barbes à papa, une attraction vieille comme le monde : le pousseur de pièces.

Il s’agit d’introduire une pièce de monnaie ou un jeton dans une rigole dirigeable. La pièce atterrit sur un plateau couvert de billets ou de petits lots. La moitié du plateau est régulièrement ratissée par le pousseur de pièces qui, à force, finit par faire déborder le plateau, dont une partie du bord se déverse alors dans l’escarcelle du joueur. Mais on ne gagne pas à tous les coups, et on gagne souvent autre chose que ce qu’on convoitait !

De même, prier n’est pas disposer de la volonté divine, et encore moins de sa puissance. C’est se tourner vers celui qui est « le Père de toute donation parfaite » (Jc 1,17), lui confier humblement nos piécettes, en acceptant « qu’il sait ce dont nous avons besoin avant même que nous le lui demandions » (Mt 6,8).

Prier, c’est donc apprendre à découvrir ce dont nous avons besoin, en nous tournant inlassablement vers celui qui nous a faits pour lui. Si nous sommes gratifiés d’un retour, c’est tant mieux ! Mais n’oublions jamais que notre prière est de toute manière efficace, même lorsqu’elle contribue à exaucer les vœux d’autres personnes.

Je vous souhaite une très belle et sainte nouvelle année, sous le signe de l’espérance et de la fraternité. Osons demander sans cesse le meilleur pour nous-mêmes et pour les autres qui sont et seront toujours mes frères et sœurs ! Continuons à prier à temps et à contretemps les uns pour les autres, en étant persuadé que le temps offert à prier n’est jamais perdu ! Bien au contraire !

+Franz

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