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Mot du père Franz - Du 09 au 23 octobre 2022

Dernière mise à jour : 14 oct. 2022

Nous vivons une époque étonnante, celle de la miniaturisation : on fabrique non seulement de plus en plus petit mais de plus en plus puissant. Cette miniaturisation méga-puissante existe depuis toujours dans un petit mot de 5 lettres… le plus beau de la langue français : « MERCI » !

Malheureusement, ce mot, nous l’avons souvent réduit à une formule de politesse, ce qui fait perdre de vue sa capacité de mobiliser, de dynamiser les énergies aussi bien de celui qui donne que de celui qui reçoit. Lorsque je donne, que ce soit un objet, de mon temps ou de mon travail, et que le destinataire accueille mon don, je ressens la joie de faire plaisir. Mais à l’inverse, si l’autre n’exprime aucune reconnaissance, non seulement il m’enlève la joie de faire plaisir mais il coupe nette mon envie de poursuivre la relation. Et au final, l’un comme l’autre, nous sommes perdants car l’un est privé de la joie de donner et l’autre se prive de la joie de recevoir et d’entrer dans un échange mutuel.

Nous ne soupçonnons pas suffisamment la puissance d’un « merci » qui est le moteur d’une escalade de générosité et de bonté. Le premier ennemi de la reconnaissance est le même que celui de l’amour : l’usure, l’habitude. Par exemple, au sein d’une famille, j’imagine que chacun prend ses tâches : faire à manger, ménage, vaisselle, entretenir le jardin, repasser… Mais très vite, avec le temps, on ne pense plus à remercier et si l’un vient à manquer à sa tâche, il est vite rappelé à l’ordre. Ce que l’on fait au début par amour et avec plaisir, s’est transformé en contrainte. Pourquoi ? Parce qu’on a oublié ce petit mot « merci »… Le « don » est devenu un « dû »… Et c’est aussi vrai avec les engagements en Eglise…

Beaucoup s’étonnent que très souvent, je remercie. Mais je me dis que tout ce que les paroissiens offrent comme temps, engagement ou autres, ce sont autant de dons qui ne seront jamais des dûs ! A qui ne sait jamais ressentir ni exprimer sa gratitude, il manque une condition essentielle de bonne santé psychique.

Ce n’est pas par hasard que ce mot « merci » s’appelle « reconnaissance », ce qui signifie « re-naître ensemble ». Chaque merci est comme un nouveau départ, avec toute la fraîcheur d’un départ. Et ce qui est vrai entre nous est pareil vis-à-vis de Dieu, ce Dieu qui ne cesse de nous combler alors que cela nous semble tout naturel.

Le cœur du merci chrétien, c’est bien l’eucharistie (qui signifie « action de grâce », en d’autres termes, « merci ») car ce qui est spécifique du chrétien, ce par quoi nous pouvons identifier la vitalité de sa foi, c’est justement cette capacité de reconnaître les dons de Dieu et de savoir dire merci. Oui, le chrétien est celui qui s’offre tous les jours cette joie d’accueillir les dons de Dieu (« notre pain de ce jour ») et la joie du merci. Ca nous apprend à vivre dans la reconnaissance perpétuelle.

Ressusciter, c’est-ce pas justement « re-naître » ou « re-co-naître », c’est-à-dire « renaître ensemble » ?

Alors merci à tous et à chacun ! Merci ! Merci ! Merci !

+Franz


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