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Mot du père Franz - Du 26 novembre au 11 décembre 2022

En cette période où nous sortons à peine de la Toussaint mais qui prépare déjà les fêtes de Noël (déjà !), la paroisse continue son chemin en lien avec ces solennités puisque nous vivons une trop longue série de sépultures.

Ce chemin particulier m’a fait prendre conscience d’une réalité que j’aimerai humblement vous partager. Nous savons ce qu’est la Toussaint, la fête de tous les saints, en particulier ces « saints de la porte d’à côté », ces saints humbles et anonymes de chez nous, comme aime le répéter le pape François.

Mais nous prêtons peut-être moins attention à son emplacement dans l’année : un peu avant l’Avent… L’année liturgique, qui a commencé au premier dimanche de l’Avent de l’année dernière, s’est terminé le dimanche du Christ Roi de l’univers, 20 nov 2022.

La Toussaint arrive donc à chaque fin d’année liturgique, et ce n’est pas un hasard. Alors que nous commençons maintenant une nouvelle année liturgique (l’année A, dite de « St Mathieu »), ces années sont conçues comme un cycle. A chaque premier dimanche de l’Avent, nous recommençons l’histoire sainte au départ, à la Création. On la suit avec les patriarches, les prophètes, la naissance de Jésus, sa vie, sa Passion, sa mort et sa Résurrection, et on la mène à son terme, c’est-à-dire à l’Apocalypse.

Les dernières fêtes de l’année –Toussaint, commémoration de nos défunts (« jour des morts » du 02 novembre) et Christ Roi- évoquent donc non seulement la fin des temps, mais aussi la fin de l’histoire personnelle de chacun de nous, avec la réalisation des promesses du Christ : la réunion d’abord personnelle (le jour de notre mort) de tous les hommes et les femmes qui se sont aimés sur cette terre. Jour de retrouvaille qui appelle la fin des temps où toutes les personnes humaines seront enfin réunies dans l’harmonie et la fraternité universelle. La boucle, si l’on peut dire, est bouclée. Ainsi, nous, qui vivons en 2022, sommes situés quelque part entre la Pentecôte et l’Apocalypse ! C’est-à-dire que nous sommes inclus dans l’histoire du Salut, qui n’est donc pas l’histoire d’évènements passés, mais l’histoire de ce qui a été, de ce qui est aujourd’hui, de ce qui sera dans l’avenir. Nous sommes dedans et nous avons notre rôle personnel à jouer.

Le Salut passe donc par nous. Nous sommes un morceau de cette histoire qui est aussi la nôtre. Nous n’en sommes pas des spectateurs ou des auditeurs passifs, mais des acteurs. En sommes-nous concrètement conscients ? Nous faisons partis humblement de la foule immense que nul ne peut dénombrer, encore faut-il accepter d’y prendre notre part. Chaque fois que nous arrivons à aimer, à pardonner, nous sommes greffés au seul Saint qu’est le Christ. Et la Toussaint devient ainsi notre fête à ce moment-là !

Est saint celui et celle qui a participé à sa mesure, chacun selon sa manière et ses capacités, avec son appel personnel, à faire avancer le Royaume.

Je vous souhaite une belle entrée en Avent ! Un nouveau cycle s’ouvre donc à nous : chemin de sainteté, chemin de construction, chemin de partage. Allons-nous encore rater le départ du train de la vie et vivre une nouvelle année liturgique comme un éternel recommencement ou allons-nous relever le défi que nous offre le Seigneur : faire un pas de sainteté : petit pas pour l’homme mais un grand pas pour l’humanité.

+Franz


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