Mot du père Franz - Messes du 18 mars au 01 avril

Curieuse et paradoxale célébration que celle des Rameaux, vous ne trouvez pas ? Comme un condensé de ce que nous sommes invités à vivre la semaine sainte, presque heure par heure ! Mais surtout une célébration qui commence dans les acclamations joyeuses : « Hosanna au plus haut des cieux ! » et qui se termine par un appel au meurtre : « crucifie-le ! ».

Ne croyons pas qu’il y ait, comme dans les mauvais westerns, les « bons » d’un côté, qui acclament l’entrée de Jésus à Jérusalem et de l’autre côté, les « méchants » qui réclament sa mort, en lieu et place de Barabbas. La foule, souvent, est versatile, et le cœur de l’homme partagé. Ce sont sans doute, pour une part, les mêmes qui acclament joyeusement le Christ et qui, quelques heures plus tard, réclament sa mort. Il y a là, ne nous y trompons pas, une image, saisissant de réalité, du cœur de chaque homme, de notre propre cœur…

Nous aussi, nous acclamons le Christ, nous chantons ses louanges à la messe, mais nous sommes tout aussi capables –et nous le savons bien- de le renier, de l’oublier, de lui cracher au visage lorsque ce visage prend la figure concrète de l’homme bafoué, humilié, rejeté, écrasé par les rouages aveugles de notre économie, par les trahisons de nos amours, par notre indifférence subjuguée par une société chloroformée qui invite à enfiler l’étroit costume.

La Semaine Sainte qui s’ouvre devant nous est comme le résumé, l’icône dramatique de notre propre vie spirituelle. En nous, à chaque instant, se rejoue le combat entre la lumière et les ténèbres, entre la vie et la mort. Nous voulons acclamer notre Sauveur, mais nous laissons les clous s’enfoncer dans sa chair, dans la chair de l’homme humilié, dans la chair de notre pauvre foi si peureuse. Croire, c’est mener le combat spirituel contre les forces de la nuit, en nous et autour de nous. « Je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi », écrivait Etty Hillesum, cette jeune juive déportée à Auschwitz.

D’ailleurs, des femmes, il y en avait qui regardait de loin, pendant la Passion… Au matin du vendredi saint, nombreux étaient ceux qui assistaient en spectateurs, aussi impuissants, simples badauds, passants occasionnels… Et nous aujourd’hui, sommes-nous seulement spectateurs, « regardant de loin ? ». Ou est-ce que la force de la Résurrection transperce mon âme, au point que cette année, je sais que je ne suis déjà plus le même ? Regarder, c’est déjà bien ; mais voir… dans le sens « venez et voyez », c’est prendre un nouveau chemin ! Belle fête des Rameaux !

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