Mot du père Franz - Messes du 27 octobre au 06 novembre 2018

Le Christ n’aime pas les cloisons ! A plusieurs reprises, les textes de la Toussaint parlent de « foule ». Parler de foule, cela nous évoque un amas anonyme, constitué d’une multitude d’individus multiples et variés. Et en général, on n’aime pas trop la foule, car elle peut faire peur ; souvent incontrôlable, elle peut se laisser manipuler. Nous préférons l’ordre, ce qui est classé, trié, rangé, catalogué. Et pour cela, on range par catégories, dans des tiroirs différents. On met des cloisons, des frontières, on élève des murs… Ainsi, tout semble plus clair : d’un côté les hommes et de l’autre les femmes ; ici les croyants, là les mécréants ; au-dessus les chrétiens et en-dessous, les non chrétiens ; les bons face aux méchants… qu’on jette en pâture à la vindicte populaire…

La Toussaint vient chambouler nos beaux agencements, elle fait sauter les cloisons : on mélange le tout et on retrouve la foule ! « Quand Jésus vit la foule qui le suivait », commence l’Evangile des Béatitudes. C’est donc à tout le monde, sans distinction ni catégorie, que Jésus adresse le cœur du cœur de son message. Pas seulement aux Apôtres et aux disciples –pas seulement aux clercs !- mais absolument à tous qu’il dit « bienheureux ». Pourtant, quand nous pensons aux saints et eux bienheureux, nous pensons de suite à ceux qui sont morts et que l’Institution de l’Eglise a canonisés, tandis que Jésus nous fait comprendre que le bonheur n’est pas pour demain mais pour aujourd’hui. C’est la première cloison que Jésus fait sauter : les bienheureux ne sont pas seulement au ciel mais aujourd’hui sur Terre. Ce n’est pas seulement pour demain mais pour aujourd’hui !

En s’adressant non pas seulement aux « bons cathos » mais à toutes les personnes humaines sans distinction, qu’elles soient religieuses ou non, Jésus fait sauter une deuxième cloison. Reconnaissons que l’Eglise a trop longtemps monopolisé le Royaume des cieux en règlementant son accès par des lois, des règles (et des procès en canonisation qui rapporte pas mal d’argent), comme si elle en était propriétaire… Face à l’étude des vertus de ces hommes doctes, Jésus oppose une phrase trop souvent oubliée : il n’a pas dit « heureux ceux qui ont toujours eu une phrase édifiante, qui sont des exemples pour tous, qui sont pieux et vertueux »… Il a juste dit « heureux les pauvres de cœurs, les artisans de paix… le Royaume de Dieu est à eux » !

Quant au Livre de l’Apocalypse, il fait sauter une troisième cloison en corrigeant une dernière illusion : le Royaume n’est pas pour une élite ou un petit reste, mais il est ouvert à tous : « Le Royaume c’est la foule immense de témoins que nul ne peut dénombrer ; des femmes, des hommes de toutes langues et peuples ».

La fête de la Toussaint, comme toutes les autres fêtes (Noël, Epiphanie, Ascension, Pâques…) nous manifeste que Dieu désire abolir toutes les cloisons car son amour n’a pas de frontières. Puissions-nous, en cette fête, nous regarder les uns les autres avec ce regard de Dieu qui invite à découvrir en chacun de nous, en l’autre, tous ses germes de sainteté. Belle et sainte fête de la Toussaint !

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