Saint URSICIN


SAINT URSICIN OU URSANNE, ABBÉ, AU DIOCÈSE DE BALE, EN SUISSE 7 e siècle

Saint Ursicin, vulgairement appelé saint Ursanne, était un des disciples de saint Colomban, et habitait avec ce grand homme le monastère de Luxeuil. Formé sous les yeux et par les exemples de ce saint abbé, Ursicin fit de rapides progrès dans les voies de la perfection évangélique, et lia une amitié fort étroite avec lui. Lorsque saint Colomban fut obligé de quitter son abbaye, par suite des intrigues de la reine Brunehaut, Ursicin, qui lui était si tendrement attaché, ne put se résoudre à l’abandonner. Il sacrifia son repos, sa santé, et, s’il eût fallu, il aurait même fait le sacrifice de sa vie pour suivre son saint ami ; mais la perfide Brunehaut, n’ayant pas même voulu laisser à Colomban la jouissance d’avoir un ami avec lui, engagea le roi Thierry II à faire conduire Colomban sous escorte à Nantes, pour de là le renvoyer en Irlande. Ursicin n’eut pas le courage de retourner à Luxeuil ; mais à l’exemple de saint Dèle, qui avait choisi une solitude où fut construit plus tard le monastère de Lure, il se retira dans les montagnes de la Suisse et prêcha la foi aux peuples de cette contrée. Cependant, bientôt dominé par son penchant pour la retraite, il alla s’établir dans une affreuse solitude sur les bords du Doubs, dans cette partie du pays qui appartenait alors au duché d’Alsace. Il y mena une vie très mortifiée ; son lit était le creux d’un rocher ; sa nourriture, quelques fruits sauvages ou des racines, et sa boisson, l’eau de la rivière près de laquelle il s’était fixé. Il cherchait, autant qu’il était en lui, à remplacer la règle de Colomban, et il alla même bien au-delà des austérités qu’elle prescrit. Suivant les leçons qu’il avait reçues à Luxeuil, il s’appliqua à crucifier sa chair, à réprimer ses désirs désordonnés et à soumettre ses passions. Réglant ainsi son intérieur, il établit la paix dans son cœur et y excita de vifs sentiments d’humilité, de douceur et de toutes les vertus chrétiennes. Il eut soin d’animer tous ses exercices et toutes ses actions de cet esprit intérieur, qui donnait du prix à toutes ses entreprises : cet esprit intérieur est la base de la véritable vertu ; car sans lui on ne construit que sur le sable les austérités les plus rigoureuses deviennent quelquefois pernicieuses, si elles ne sont pas dirigées par ce principe. Ursicin avait renoncé au monde, et il avait trouvé le ciel dans sa solitude. Son amour extraordinaire pour la retraite lui mérita le don de la prière et de la contemplation au plus haut degré. Les exercices de la pénitence avaient tant de charmes pour lui, qu’il y consacrait souvent des nuits entières. Une union si intime avec Dieu l’avait amené à une mortification absolue des sens et de toutes les facultés de l’âme : de là cette inaltérable tranquillité, qui annonçait un homme accoutumé à maîtriser ses passions. La paix de son âme se traduisait sur son visage par une douce sérénité et une grâce merveilleuse. Ceux qui l’avaient découvert furent frappés d’admiration de trouver dans une solitude aussi affreuse un homme qui ressemblait plutôt à un ange qu’à un mortel. Mais tel est l’ascendant de la vertu sur les cœurs même les plus farouches, qu’à peine Ursicin s’était fait connaître, qu’il se vit entouré de disciples prêts à marcher sur ses traces. Quoique notre Saint eut désiré vivre seul et sans témoin, il consentit cependant, par amour pour son prochain, à la demande des fidèles, et en reçut plusieurs dans sa cellule. Lorsque plus tard le fruit de sa sainteté se fut répandu dans le pays, il se présenta un grand nombre des chrétiens qui sollicitèrent comme une grâce de vivre sous sa direction. Ursicin les reçut, et soutenu par les dons qu’on lui fit, il construisit une église qu’il dédia au prince des Apôtres, et un petit monastère. Cette église donna plus tard naissance à une petite ville, qui prit le nom de Saint-Ursanne ; elle était du domaine temporel des évêques de Bale, et leur fut donnée par Rodolphe III, roi de Bourgogne. Ursicin vivait comme un père au milieu de ses fervents anachorètes. Il les chérissait comme ses enfants et les portait tous dans son cœur ; il dirigeait leurs pas chancelants et leur apprit à porter le joug du Seigneur. Dans leurs besoins et dans leurs tentations, ils s’adressaient à lui comme à l’oracle du ciel, et le bienheureux abbé les conduisait comme par la main vers la céleste patrie. Il remarquait avec un sensible plaisir les progrès qu’ils faisaient dans le bien, et les y encourageait sans cesse. Une des vertus qui caractérisaient le plus notre Saint, c’était une heureuse simplicité de cœur, marque essentielle d’un disciple de Jésus Christ. Le Sauveur nous assure que personne ne peut entrer dans le royaume du ciel, s’il ne devient à semblable à un enfant et s’il ne déracine toutes les affections déréglées de son coeur, pour parvenir à la simplicité naturelle au premier âge. L’histoire nous rapporte que le Seigneur récompensa les vertus de son serviteur par des grâces extraordinaires et lui donna le don des miracles. Le saint homme fut regardé comme le bienfaiteur de toute la contrée et mérita ce nom à plus d’un titre. Il connut par révélation le jour de sa mort, et s’y prépara par un redoublement de ferveur. Ayant rassemblé ses disciples, il leur adressa un discours très pathétique et leur recommanda de s’entr’aimer, de se porter mutuellement au bien par la pratique des vertus évangéliques. Il les conjura d’être toujours fidèles à leur vocation et de ne jamais permettre au démon de porter le ravage dans leur communauté ; les pieux anachorètes le lui promirent, fondant en larmes. Ursicin demanda alors à recevoir les derniers sacrements, qui lui furent administrés au milieu des cantiques et des prières qu’adressait au ciel toute la communauté. Ainsi muni des secours de l’Eglise, Ursicin recommanda son âme à Dieu et fit de tendres adieux à ses enfants, leur disant qu’il espérait les revoir un jour tous dans l’éternité bienheureuse. A ces mots ses disciples poussèrent des cris lamentables et allaient accuser le ciel de leur ravir un si bon maître au moment où ils en avaient encore tant besoin. Le mourant les consola, et voyant le calme un peu rétabli parmi eux, il se mit à réciter divers psaumes, et enfin ferma à jamais les yeux à la lumière. L’année de sa mort est incertaine ; mais on peut la placer, avec quelque fondement, après le milieu du septième siècle. Ursicin était parvenu à un âge fort avancé. On enterra son corps dans l’église de Saint-Pierre, où il attira presque aussitôt la foule par diverses grâces que les fidèles obtinrent par son intercession. L’église où reposa ce corps vénérable reçut plus tard le nom de Saint-Ursanne, et on vit longtemps le tombeau du Bienheureux placé près du maître-autel. Le culte de ce saint abbé fut approuvé par plusieurs souverains Pontifes, ce qui engagea les évêques de Bâle à en insérer la fête dans le Propre des Saints de leur diocèse. La petite communauté de Saint-Ursanne s’augmenta considérablement après la mort de son fondateur ; on y introduisit la Règle de Saint-Benoît, et elle se distingua longtemps par sa ferveur. Plusieurs de ses religieux ont annoncé avec succès l’Evangile dans cette partie de l’Helvétie, qui a appartenu successivement à divers maîtres. Les évêques de Baie l’ont réunie à leurs domaines et conservée longtemps aujourd’hui elle fait partie du canton de Berne.

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