Sainte SCHOLASTIQUE

Mis à jour : juin 1

Sainte Scholastique Moniale, sœur de saint Benoît (+543) Sainte Scholastique était la sœur de saint Benoît, patriarche des moines d’Occident. Jeune encore, elle fit, au foyer paternel, de grands progrès dans la vertu. Loin d’imiter les illusions des filles du siècle, elle méprisa la beauté, les richesses, l’alliance des plus grands princes pour s’allier à Jésus-Christ. Suivre Benoît dans la solitude était son unique aspiration. Elle se consacra à Dieu dès sa plus tendre jeunesse, et elle se rapprocha de son frère, quand il se fut établi au Mont-Cassin, afin de profiter de ses leçons et de ses exemples. Benoît ne consentait à voir sa sœur qu’une fois par an, avant le carême, et alors la sainte sortait de son cloître, et le frère, de son côté, allait au-devant de la sœur ; ils se rejoignaient sur le flanc de la montagne, et on voit encore le petit sanctuaire érigé, croit-on, sur les ruines de la chaumière où saint Benoît et sainte Scholastique eurent leur suprême entretien resté si célèbre. Le 9 février 543, Scolastique était allée visiter son frère, comme de coutume. La journée se passa dans de grandes conversations, et la nuit arriva sans qu’ils s’en aperçussent. "Il est trop tard pour vous retirer, dit la sainte à son frère ; parlons jusqu’à l’aurore des joies de la vie céleste. Que dites-vous là, ma sœur ? reprit Benoît ; je ne puis passer la nuit hors de mon couvent." Scholastique, affligée de ce refus, se pencha sur la table, et, la tête entre ses mains, pria Dieu en versant d’abondantes larmes. Sa prière fut si promptement exaucée, que le tonnerre grondait déjà quand elle releva la tête, et que la pluie tombait par torrents, bien que le ciel fût auparavant serein et sans nuage : "Qu’avez-vous fait, ma sœur ? dit l’homme de Dieu. Je vous ai supplié, dit Scholastique, et vous n’avez pas voulu m’écouter ; j’ai invoqué Notre-Seigneur, et voilà qu’il m’exauce." Dans l’impossibilité de sortir, Benoît resta par force ; les deux Saints veillèrent toute la nuit, s’entretenant du bonheur des élus. Le lendemain, avant le lever du soleil, l’orage étant complètement passé, ils se quittèrent pour ne plus se revoir en ce monde. Trois jours après, sainte Scholastique assembla ses filles, leur recommanda, avec sa douceur ordinaire, de continuer à servir Dieu avec générosité ; puis, bénissant le Seigneur dans l’effusion de son cœur, plein d’amour et d’allégresse, elle rendit sa belle âme à son Créateur, sans maladie et sans souffrance, le 10 février 518. Au même moment, saint Benoit qui priait à la fenêtre de sa cellule, aperçut cette âme bienheureuse monter au ciel sous la forme d’une colombe environnée d’une éblouissante lumière. Ravi de cette vision, il récita un cantique d’actions de grâces, puis envoya quelques-uns de ses disciples pour lever le corps de la Sainte ; le fit placer dans le tombeau préparé pour lui-même, « afin, dit saint Grégoire, que le même sépulcre réunit les corps de ceux dont les âmes avaient été si intimement unies pendant leur vie ». Cette union dernière ne se fit pas longtemps attendre, car saint Benoit mourut quarante jours après sa soeur, le 21 mars 543. Benoît voulut faire déposer le corps de sa sœur dans le tombeau qu’il avait préparé pour lui, afin que leurs corps fussent unis dans la mort comme leurs âmes l’avaient été dans la vie. L’Histoire nous a laissé peu de détails sur la vie de sainte Scholastique Nous savons qu’elle sortait de la famille patricienne des Anicius. Son père se nommait Eutrope, et sa mère Abondantia. Celle-ci mourut en la mettant au monde le même jour que saint Benoît, son frère, à Nurcie, petite ville de l’Italie, en 480. Dieu les dédommagea d’une si grande privation, en inspirant à Eutrope tous les dévouements de l’affection la plus tendre. Ce père chrétien éleva ses enfants dans les délicatesses de la vertu et les sentiments de la foi la plus vive. Aux qualités du cœur, il voulut joindra la culture de l’esprit en rapport avec leur position de fortune et la noblesse de leur rang. Benoît fut envoyé, jeune encore, à Rome pour y faire ses études ; sa nourrice l’y accompagna plutôt pour sauvegarder son innocence que pour lui donner les soins réclamés par son âge. Eutrope pensait, avec raison, qu’une conduite régulière est, pour un écolier, la meilleure garantie des progrès dans les sciences humaines. Nourri des saintes et vigoureuses leçons du foyer domestique, Benoît voulut, avant tout, rester disciple de Jésus-Christ. Sa piété fut son salut. En ce temps-là, il est vrai, la science ne délirait point jusqu’à vouloir chasser Dieu de l’école ; mais alors, comme toujours, il se trouvait dans cette bouillante jeunesse de trop nombreux partisans d’une vie sans règle et sans frein. C’est pourquoi Benoit, craignant l’entraînement de l’exemple, conçut le projet de quitter le monde. Il sortit de Rome à l’âge de seize ans, prit le chemin du désert et gagna les montagnes de Subiaco, où il passa trois années dans une caverne profonde, s’initiant à la vie monastique, dont il devait être bientôt, au Mont Cassin, une des gloires les plus pures et l’un des maîtres les plus célèbres. Do son côté, Scholastique, justifiant son nom, qui vont dire écolière de Dieu, par une sagesse vraiment surnaturelle, comprit bien vite quo rien n’importe plus à l’homme ici-bas que de s’occuper de la grande affaire du salut éternel. La privation des caresses maternelles fit faire à ces idées un tel progrès dans son âme que les joies, les honneurs et les richesses lui apparurent de bonne heure comme de brillantes vanités. Elle songeait à se consacrer au Seigneur lorsque la détermination de son frère la rendit seule héritière d’une des plus grandes fortunes de cette époque. Dès lors, son éducation, ses rares qualités lui permettaient d’attendre la recherche des plus illustres patriciens. Mais, calme et le regard au ciel, ne voulant rien du monde et voulant tout de Dieu, elle se montra doublement soeur de saint Benoît en prenant Jésus-Christ pour son unique époux. Quelques auteurs pensent que Scholastique demeura dans la maison paternelle aussi longtemps que la vieillesse d’Eutrope réclama les soins de sa piété filiale ; et qu’elle s’y rendit de plus en plus digne de sa vocation par la pratique des oeuvres de miséricorde. D’autres, au contraire, affirment qu’Eutrope, quoi que éprouvé par la mort prématurée de son épouse, et sous le poids du sacrifice récent de son fils, donna a Dieu sans hésiter ses dernières espérances et son dernier soutien. Quoi qu’il en soit, cette noble vierge obéit aux inspirations de la grâce et subordonna sa détermination aux conseils du directeur de sa conscience. Aussitôt qu’elle put mener la vie solitaire, elle fit bâtir le couvent de Sainte Marie de Plombarioles, a six kilomètres de celui de son frère, et situé dans une de ces collines qui s’enfoncent dans les plis de l’horizon montagneux que domine la cime vaste et arrondie du Mont Cassin. Plusieurs jeunes filles, dont elle avait été le modèle à Nurcie, la suivirent dans sa retraite. L’éclat de ses vertus en attira d’autres encore des pays voisins, de sorte que Scholastique se trouva, au bout de quelques années, à la tête d’une communauté nombreuse, qu’elle dirigea dans les voies de la plus haute perfection. Pour elle, c’était par les conseils de son bienheureux frère qu’elle se gouvernait. Afin de vivre dans une plus grande conformité d’esprit, ils se réunissaient une fois chaque année dans une petite métairie située à mi-chemin des deux couvents. Là, par de pieux entretiens, ils ravivaient dans jours coeurs l’amour de Dieu, le zèle pour la sanctification de leurs âmes et le dévouement pour celles dont ils étaient chargés. Et comme toute vie religieuse est essentiellement une vie de sacrifice, ils discouraient de préférence sur l’immolation de la nature par l’observance des moindres prescriptions de la règle. Ne savoir, comme l’apôtre saint Paul, que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié, telle était leur devise, tel était le but de leurs efforts. Aussi, l’efficacité de leur exemple, plus encore que l’autorité de leur parole, inspira aux moines du Mont Cassin et aux Vierges de Plombarioles un profond esprit de discipline, qui fit de ces deux communautés une grande école de moeurs chrétiennes pour les peuples à peine évangélisés. Le moment arriva où il plut au divin Sauveur de rappeler à lui sa fidèle épouse. Avertie par une révélation miraculeuse que l’heure de la récompense était proche, Scholastique voulut voir son frère une dernière fois. C’était le 7 février 543. A cette époque de l’année, sous le soleil d’Italie, la nature est en plein réveil, les fleurs exhalent leurs parfums et tout renaît â l’espérance. Dès le matin, Scholastique s’achemine lentement vers la sainte montagne, nourrissant son esprit de pieuses réflexions que lui suggèrent à chaque pas les merveilles de la création. Elle prépare ainsi son âme à la réfection spirituelle qu’elle va demander à son frère. De son côté, Benoit descend au-devant de sa soeur ; ils se rencontrent au lieu accoutumé. Ce dernier entretien est le seul épisode que nous connaissons de la vie de notre Sainte. Il a suffi néanmoins pour éterniser sa mémoire et révéler au monde la candeur de ses vertus. Les détails que nous en a laissés saint Grégoire le Grand sont du plus haut intérêt : écoulons ce touchant dialogue de l’amour fraternel aux prises avec l’austérité de la règle. « Ils avaient passé tout le jour à parler, non plus comme autrefois de la pénitence, mais de la gloire réservée aux Elus. Texte extrait de « Sainte Scholastique, son histoire, ses reliques et son pèlerinage à Juvigny-les-Dames, Abbé F.A Loison », 1881

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