Saints NEUFS ENFANTS MARTYRS DE COLA

Saints neuf enfants martyrs de Kola

9 enfants lapidés par les païens dans le village de Kola en Géorgie (VIe siècle)


Gouram, Adarnassé, Bakhar, Vatché, Bardzim, Datchi, Djvanchère, Ramaz et Pharrsam.


« Il était un grand village situé à la source d’un grand fleuve qu’on appelait

Mtkvari*, dans une vallée qui s’appelait Kola. La majorité des habitants du village

étaient païens et idolâtraient, alors qu’une minorité d’entre eux étaient chrétiens et

servaient Dieu.

Les enfants chrétiens avaient coutume de se réunir avec les enfants païens,

comme le font spontanément tous les enfants, et ensemble tous les jours ils entonnaient

des chants. Un soir, le presbytre, ayant sonné l’heure des vêpres, les jeunes chrétiens se

rendirent à l’église pour prier, conformément au rite chrétien. Ils étaient suivis d’enfants,

au nombre de neuf, qui s’étaient liés d'amitié avec les enfants chrétiens et communiaient

dans un même amour pour la foi chrétienne. Mais arrivés aux portes de l’église, ces

derniers furent refoulés par les chrétiens qui leur dirent :

«Vous, enfants d’idolâtres, vous n’êtes pas encore prêts d’entrer dans la maison

de Dieu.»

Dépités, blessés dans leur for intérieur, les enfants s’en retournèrent.

Cela advint à plusieurs reprises.

Plus tard, les jeunes païens revinrent à l’église des chrétiens et voulurent entrer de force.

C’est alors que les chrétiens leur dirent :

« Si vous avez envie d’entrer dans notre église, vous devez croire en Jésus Christ

notre Seigneur, recevoir le baptême en son nom, vous initier à ses sacrements et nous

rejoindre par cette voie, nous autres, chrétiens.»

Ils reçurent avec joie l’enseignement des chrétiens et promirent de les suivre dans

cette voie.

les chrétiens se rendirent tout de suite chez le prêtre, qui était le presbytre du

village — un homme pieux, honnête et digne —, et lui parlèrent des jeunes païens. Ce

dernier se rappela les paroles de l’évangile qui furent prononcées par notre Seigneur

Jésus Christ : « Celui qui n’abandonne pas son père et sa mère, ses sœurs et ses frères,

son épouse et ses enfants, celui qui ne prend pas la croix et ne me suit pas, celui-là n’est

pas digne de moi.»

Le prêtre se rendit alors à la source du grand fleuve où une multitude de

chrétiens l’avaient suivi ainsi que les enfants païens. C’était en hiver, par une nuit de

grand gel, parce que pendant le jour il lui aurait été impossible de les baptiser de crainte

que les païens ne les surprennent. Tout se passa comme pour notre seigneur Jésus Christ

qui fut baptisé lui aussi nuitamment, par Jean, dans le Jourdain. Cet hiver-là, l’eau était

lancinante de froid. Quand les enfants y entrèrent, ils reçurent le baptême au nom du

Père, du Fils et du Saint Esprit, et le presbytre prononça jamoba ( les mots du saint

sacrement ) :

« Le Saint Esprit est descendu comme une colombe dans le Jourdain, quand Jésus

Christ reçut le baptême, les anges étaient à ses côtés et chantaient — Alléluia, Alléluia.»

Alors, par la volonté de Dieu, une chaleur d’étuve monta des eaux, et les anges

dans les cieux se dépouillèrent de leur robe d’un blanc immaculé pour en couvrir, dans

l’invisible, les enfants nouvellement baptisés. De la sorte, les enfants chrétiens devinrent

leurs parrains. Ils ne retournèrent plus chez leurs parents mais demeurèrent parmi les

chrétiens.

Quelques temps après, ayant su ce qui s’était produit, les parents des enfants

païens, manifestant une grande colère, les humiliant et les accablant d’injures,

entreprirent d’arracher de force leurs enfants des maisons des chrétiens. Après les avoir



ramenés chez eux, les parents les battirent très fort, en leur assénant des coups violents à

la tête et en les meurtrissant sur tout le corps. Mais les enfants répondirent ainsi à leurs

parents :

« Nous sommes chrétiens et il ne nous appartient pas de manger ou de boire ce

qui est offerte en sacrifice aux idoles. »

Aussi passèrent-il sept jours sans manger ni boire, sans rien goûter, mais se

nourrirent de l’Esprit Saint qui était entré en eux le jour de leur baptême. Alors les

parents leur promirent tous les biens de ce monde et leur proposèrent des vêtements de

toutes les couleurs. Mais les enfants répétèrent :

« Nous sommes chrétiens et n’avons plus rien de commun avec vous ; laisseznous la liberté d’aller rejoindre les chrétiens. »

Incapables de les ébranler dans leur foi, les parents se rendirent chez le prince

qui était païen lui-même. Ils lui expliquèrent ce qui était arrivé à leurs enfants. Le prince

leur dit :

« Ce sont là vos propres enfants et vous avez le droit d’agir avec eux comme bon

vous semblera. »

Eux de lui répondre :

« Sois avec nous, Seigneur, et nous les lapiderons afin que d’autres ne puissent

imiter leur action en se convertissant au christianisme.»

Le presbytre non plus ne fut pas épargné. Après lui avoir infligé tous les

malheurs, détruit le fruit de son ouvrage, ils s’emparèrent de ses biens qu’ils se

partagèrent, le frappèrent au visage, lui portant un coup formidable qui faillit le tuer sur

place, puis ils l’expulsèrent de sa demeure.

C’est alors que fut fixé le jour du grand sacrifice des Saints Martyrs. Le prince et

avec lui une foule innombrable se dirigèrent vers l’endroit où le fleuve prend ses eaux,

où les saints enfants avaient reçu le baptême. Ils y creusèrent une fosse profonde. Les

parents y amenèrent les saints enfants et les jetèrent dans la fosse. Ces derniers avaient

entre sept et neuf ans. Ils ne savaient que répéter ces mots :

« Nous sommes chrétiens, nous serons tués et nous périrons pour Celui auquel

nous sommes liés par le sacrement du baptême ».

Les parents infidèles leur fracassaient alors le crâne et écrasaient leurs chairs.

Même les serpents et les couleuvres, les aspics et les fauves, sont capables

d’éprouver de la pitié à l’égard leur progéniture, mais ces infidèles furent incapables

d’épargner leurs propres enfants. Les gens qui se trouvaient là ramassèrent des pierres

pour les jeter dans la fosse afin de la combler. Les saints cadavres furent ainsi

recouverts de pierres et de terre. Et, de ce jour, cet endroit devint un lieu de sépulture

pour leurs saintes reliques.

Ainsi s’accomplit la parole de l’évangile : «Le frère livrera son frère à la mort, et

le père son enfant ; les enfants se soulèveront contre leurs parents et les mettront à

mort.»

Ayant souffert leur passion, ces enfants rejoignirent la procession des premiers

martyrs couronnés pour se réjouir avec eux dans le royaume des cieux, face à notre

Seigneur Jésus Christ qui mérite gloire, respect et adoration avec le Père, le fils et le

Saint Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

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