LA PAROISSE EN DANGER



Mes amis, nous sommes à la croisée des chemins ! En effet, notre groupement paroissial se trouve confronté à un double défi : garder son enracinement territorial près de chacun des 25 villages et organiser un rapprochement avec Cajarc, sans faire disparaître le lien local que nous essayons de tisser jour après jour.

Notre groupement paroissial, contrairement à presque toutes les autres paroisses du diocèse du Lot, a cette particularité de ne pas avoir de salles paroissiales, faisant du presbytère le seul endroit où tout se prépare, où chaque activité se réunit. Ainsi, ce lieu n’est pas d’abord le logement du prêtre (même s’il l’est aussi actuellement), mais d’abord un lieu de vie.

Or ce lieu est en grand danger… Le 24 mai dernier, l’équipe paroissiale chargée de l’avenir du presbytère s’est réunie en Mairie, accompagnée du curé et de l’économe diocésain, afin de rencontrer Mr Vialette, maire de Limogne, Mr Bouchard, 1er adjoint, Mr Bach, conseiller, et Mme Cassaigne représentant la communauté de communes.

Leur objectif est de mutualiser les locaux leur appartenant et faire de ces lieux non seulement des piles attractives pour relancer la vie au cœur du village, mais aussi des ressources nouvelles de financement. Le presbytère entre donc dans ce cadre.

Leur projet –actuellement non négociable apparemment- est celui-ci : diviser la surface qui nous est allouée du presbytère de moitié (la manière dont ils appellent ce bâtiment –« l’ancien presbytère »- dit beaucoup de l’avenir, dans leurs têtes), tout en multipliant le loyer actuel par… 20 !!! Ce qui signifie que, si on gardait la totalité du bâtiment tel qu’il est aujourd’hui, le loyer augmenterait immédiatement de plus de 40x !! Pour donner un ordre d’idée, c’est comme si votre plein d’essence passait de 100€ à… 4.000€ d’un coup !!


Vous imaginez bien que les finances de la paroisse, pourtant très bien tenues grâce à une équipe de laïcs très compétente et une gestion au plus près du ratio recettes/dépenses, ne peut pas supporter une telle augmentation.

Face à ce projet qui semble déjà bien avancé dans la tête des élus, seules trois possibilités s’offrent à nous :

La première est de diviser la surface afin d’optimiser les pièces et accueillir toutes les activités en partageant l’espace à chacun. C’est un vrai défi car le presbytère accueille aujourd’hui beaucoup de groupes de tailles différentes. Ainsi, le service des jeunes très dynamique (Eveil à la foi, servants d’autel, KT, aumônerie, catéchuménat, Jeunes de Notre Dame, Mission St Cirq) requiert une grande pièce (enseignement et réfectoire) et un dortoir pour accueillir les plus grands. Cette même pièce est nécessaire afin d’accueillir le groupe nombreux du MCR, les réunions du Conseil Paroissial, du Conseil Economique, les personnes relais. Tout le service de la liturgie (feuilles de messes, de chants, organisation des messes dominicales, votives, des anciens combattants, de la Toussaint, mais aussi les évènements comme le son et lumière de la veillée de Noël, la messe médiévale à Crégols, la procession à Ste Germaine à Promilhanes, les 1ères communions à l’oratoire ND des Voyageurs de Cabrerets, le Carême, Pâques et son temps particulier, Pentecôte, etc.), le secrétariat, la comptabilité, les préparations au baptême, mariage, l’accueil des familles en deuil, les confessions, mais aussi l’EAP, l’antenne du Secours Catholique, l’aumônerie de la pastorale de la santé, l’équipe communication, la gestion des concerts dans nos églises… demandent une ou deux pièces à taille humaine pour les accueillir.

A tout ceci s’ajoute la capacité nécessaire à stocker les affaires : le matériel pour les évènements, pour les jeunes, les stocks de la ciergerie et j’en passe… Et si possible, conserver la chapelle si précieuse pour accueillir les messes en semaine, l’adoration du mardi soir, les confessions, les groupes de pèlerins et de scouts assez nombreux l’été, les prêtres de passage…

De plus, il convient de garder une chambre afin d’accueillir notre évêque, un prêtre africain dès que nous pourrons reprendre son accueil ou tout autre invité. Dans cette liste, je n’ai pas parlé du logement du curé…

Afin d’accueillir tous ces services et ces personnes, le bâtiment actuel peut facilement être divisé par deux : en regardant le bâtiment, tous le côté droit (garage, auvent, les deux pièces de stockage ; et pour le 1er étage : la chambre du curé et la petite pièce à effets personnels, la salle actuelle du conseil et les deux chambres du fond) peuvent être rendus à la mairie. Ils s’engageraient à tout remettre aux normes et bâtirait un mur de séparation entre la partie droite et celle de gauche, ce qui amènerait, dans la foulée à leur céder plus de la moitié du jardin du presbytère.

Ceci serait viable, à condition qu’ils acceptent de nous confier ces lieux devenus plus exigus à un tarif au niveau de nos possibilités. Après tout, selon la loi française, nous sommes une association loi 1901 et une municipalité ne se doit-elle pas de soutenir les associations, sans différence, basées sur leur territoire ?

Si la Municipalité restait intransigeante, il nous resterait deux autres possibilités, mais qui entraîneraient un changement historique, provoqués par la décision du maire d’évincer la paroisse de Limogne : soit on se replie sur Cajarc, mais dans ce cas, c’est la mort assurée de la présence locale et des messes dans tous nos villages. Cette configuration amènerait concrètement à sceller la fin du groupement paroissial et de notre identité de notre Causse et de nos vallées.

Soit on trouve un autre logement hors de Limogne, capable d’accueillir tous ces services. L’idée serait celle-ci : trouver un bâtiment dans les villages du centre géographique (Concots, Lugagnac, Promilhanes, Crégols, Cénevières, Cornus, St Martin Labouval ou Tour de Faure). De quoi aurions-nous besoin ? D’un logement qui aurait juste 5 pièces (plus une cuisine, WC et salle de bain), pas plus.

La commune qui accueillerait la paroisse aurait la fierté d’avoir fait revenir la présence sur le village du curé, à l’heure où beaucoup se plaignent de perdre tous les services publics ! Le centre du groupement s’en retrouverait changé, mais ce serait viable car nous avons la chance d’avoir deux grandes sacristies en l’église de St Martin Labouval (qui, du coup, deviendrait le nouveau centre de la paroisse). Tous les grands groupes, les messes des familles, la veillée de Noël se feraient donc à St Martin, et Limogne entrerait dans le planning tournant du secteur allant de St Jean de Laur à Varaire… une église comme les autres villages en somme.

Mes amis, à cette croisée des chemins, votre curé vous invite à incarner la grande tradition bénédictine « ora et labora » (prière et travail), car cette crise peut être la possibilité de sortir de notre sommeil, de nos habitudes !

Prière d’abord et avant tout, car nous ne sommes pas une association lambda. Sans la prière, nous perdons notre ADN. J’invite donc chaque paroissienne et chaque paroissien à porter dans la prière l’avenir de notre groupement paroissial et notre prochaine rencontre avec la Municipalité de Limogne, le mardi 14 juin à 14h30.

Prier et agir également : j’invite chacun à se renseigner localement sur la possibilité de pouvoir louer à un prix accessible à nos finances, ce fameux logement aux 5 pièces. Ainsi, nous aurions un plan B au cas où…

Que ce chemin de prière et de recherche soit un temps de grâce afin que, au sein de cette épreuve, le Seigneur nous offre d’une manière nouvelle son Esprit Saint, seul capable de mettre en chacun de nos cœurs une motivation et une force nouvelles pour annoncer la Bonne Nouvelle du Salut et pour offrir au monde la joie de l’espérance dont nous avons tous besoin.

+Franz

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