Témoignage : Moulin de Cabrerets (2ème partie)



Le moulin de Cabrerets - deuxième partie

Nous sommes en juillet 1936. Pour Raymond Grépon, l’école est finie. C’est le retour à la maison et au moulin, à Cabrerets . Il a 16 ans. Son apprentissage de futur meunier commence sérieusement sous la tutelle tranquille du vieil ouvrier meunier, Raymond Gorces.

Puis, nous sommes en décembre 1943, en pleine guerre mondiale : Raymond est contraint de partir en Allemagne, dans le cadre du S.T.O. alors qu’il aurait dû rester au village en temps que soutien de famille. Il garde de cette période des souvenirs douloureux et indélébiles. 2 jours de voyage difficile en train, enfermé avec des centaines de jeunes comme lui dans un camp entouré de barbelés. Puis il apprend qu’il doit travailler dans un grand moulin autrichien. Mais dès le premier soir, il ne peut manger. Il est très malade : maux de tête, fièvre, douleurs dans la poitrine... Le diagnostique est précis : il est atteint du Typhus, considéré comme une maladie mortelle. Des têtes de mort sont placardées dans toute la ville. Heureusement, il est hospitalisé à l’hôpital de Baden. Il y restera 22 jours, avec une fièvre de cheval. 22 jours très malade, en pays ennemi, en pensant à tous ceux qu’il avait laissé en France et qu’il ne reverrait peut-être jamais… Au moment où il se sentait au plus bas, le médecin lui demande s’il allait à l’église (il voulait dire s’il était catholique). Lui il a compris le cimetière. Le moral en prend un coup et l’espoir aussi... Mais il fut bien soigné par le personnel de l’hôpital, qui estimait ce petit français calme, gentil, respectueux avec les soignants, qui donnait ses desserts aux enfants malades. Geste dérisoire de générosité, peut-être plus fort qu’un discours sur la paix. Enfin guéri, il rejoint le moulin autrichien où il doit travailler dur, où il pense sans cesse au pays, sans s’apercevoir qu’à la fin de ce séjour imposé, il aura acquis un savoir-faire inestimable dans la meunerie. Le 17 mai 1945, c’est le retour à Cabrerets, dans la joie et l’émotion que l’on devine. Le 27 juin 1945, le premier jour de l’été de cette année-là, il se marie avec Gabrielle Courdes, elle aussi fille de meunier, sa jolie fiancée, qui l’attendait à Soulomès. Comme son père, Raymond est travailleur et entreprenant. Avec l’ardeur de la jeunesse, -il a 25 ans-, il entreprend la modernisation du moulin pour l’amener, à ce qu’il est à l’heure actuelle, un modèle du genre. Pour réaliser ses projets, il a besoin de toute son énergie et de tout son courage. Il lui en faut : Il commence par chercher les capitaux nécessaires à la transformation de son cher moulin. Pour cela, il fait le tour des banques et de sa famille. Fini, le moulin de Papa ! Du moins, il va être relégué dans le passé. Le camion, acheté en 1947, remplace le cheval et la charrette, un peu trop lents ! Le bâtiment doit être surélevé : c’est une nécessité ! Mais il faut l’autorisation de l’architecte des Beaux-arts, qui la refuse : ce serait gênant pour le château !? Alors il va voir le préfet. En Autriche, il a trop pensé à son moulin pour s’arrêter ainsi. Intimidé, mais décidé à défendre son point de vue, il trouve les mots qu’il faut et obtient enfin le consentement de l’administration. Et à la fin de l’année 1948, les gros travaux. Remontée des murs et réfection de la toiture par les artisans du village (Messieurs Blanco, Boyau, Sourcous et Vinel) sont terminés. Les nouvelles machines sont installées, le moulin devient une minoterie qui fonctionne à plein temps. À tel point que Raymond doit prendre un associé. Raymond et Gabrielle auront 4 enfants : Michel, Jean-Paul, Patrick et Sylvie. Michel est né le 27 juillet 1946, à la grande joie de ses parents. Il sera effectivement meunier et apportera de nouvelles transformations au moulin de son père. MD



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