Roc Traoucat

Les clochers de la paroisse

Notre-Dame del Roc-Traoucat ( ou Roc-Trooucat) c’est-à-dire de la Roche percée, située le long de la vallée du Célé, entre Cabrerets et Sauliac, est entourée de légendes allégoriques, prometteuses de miracles, ayant suscité au XIXe siècle une vénération particulière. Effectuant un travail de chartiste, Mireille Bénejean publia, au cours des années 80, dans la presse lotoise, une synthèse historique de différentes archives diocésaines sur ce lieu marial qui présente des particularités étonnantes.
Cette historienne parvint à éclaircir l’aspect confus des différentes versions données sur les origines séculaires d’une Vierge Noire invoquée dans un lieu inattendu, à l’intérieur d’une chapelle troglodytique, adossée à la paroi d’une falaise qui surplombe la rivière du Célé.

C’est le cadre romantique des photos rêvées, où l’on accède à la chapelle par une allée montante ombragée de buis qui vous transporte tout ailleurs, dans ce monde irréel du silence contemplatif, auquel le promeneur décide à sa façon de devenir le pénitent de Marie. Jadis, les femmes dévotes des campagnes, toutes habillées de noir, pour reprendre une expression chère à André Malraux, gravissaient à petits pas ce chemin escarpé, en récitant le chapelet de la délivrance dans le sacrement du repentir. Ainsi on finissait par croire, à tort ou à raison, que la Vierge Noire du Roc-Traoucat, isolée dans les solitudes champêtres, prenait le temps d’écouter vos prières, toute réconfortante d’espoir pour les miséreux agenouillés.
Ici, et nulle part ailleurs, la Vierge Noire fut longtemps vénérée dans une anfractuosité située à l’Est d’un tunnel qui traverse l’éperon rocheux. Tout en sachant garder l’esprit serein, en se méfiant de l’imagination des conteurs populaires, ce tunnel peut vous faire rêver. On y accède par la porte située dans l’abside de la chapelle. D’une longueur de seize mètres, large de deux à trois mètres, d’une voûte de cinq mètres environ, il vous conduit sur un point culminant qui assagit votre curiosité. Sa réputation de coupe-gorge courut tout au long du Moyen Âge.
Ce passage sombre était ancré sur un sentier de muletiers, entre Cabrerets et Sauliac, fréquenté par des brigands qui détroussaient les voyageurs. Pour cette conscience du désespoir, nourrie par la crainte de mourir, marchands et paysans invoquaient la Vierge Marie, en guise de protection. D’où l’instauration d’un culte marial fut reconnue, au XVIIe siècle, dans la cavité rocheuse, à l’ombre des purgatoires invisibles, entre ténèbres et clarté du jour. Il faudra attendre 1840, avant que l’abbé Blanc, curé de Sauliac, ne fasse creuser un oratoire au débouché naturel du tunnel.

Onze ans plus tard, l’abbé Malbec qui lui succéda, fit construire une chapelle qui sera consacrée trente huit ans plus tard, le 7 juillet 1889, par Mgr Grimardias. En 1902, un bref du pape Léon XIII accordait une indulgence plénière, à gagner toute l’année pour tout pélerin.
Un pèlerinage devenu célèbre
Le successeur de Malbec, l’abbé Séguy prit en charge la cure de Sauliac et le pélerinage du Roc-Traoucat. Il fut certainement l’un des prêtres les plus avisés de son temps pour la reconnaissance et le resplendissement de la Vierge Noire du Célé. On peut y joindre plus tard l’abbé Tilhet.
Au cours des années 20, la diffusion de cartes postales, représentant le sanctuaire marial, comportait au verso de l’une d’entre elles, un cantique mémorable d’origine occitane composé par l’abbé Séguy :
«  Sur les bords du Célé, Marie, dans le creux d’un rocher sourit. Le pèlerin s’arrête et prie ; et la Madone le bénit. Pour franchir ces noirs précipices, jadis sans route et sans secours, Ô Mère, à vos regards propices, le voyageur avait recours. Auprès de votre image antique, nous vous prions avec ardeur ; prêtez l’oreille à ce cantique, tendre Mère du Dieu Sauveur… Gardez-nous la foi, l’innocence, qui font les saints et les heureux ; Mère, gardez-nous l’espérance de vous contempler dans les Cieux  »….
Suite à la lecture du cantique, une habitante âgée de Marcilhac-sur-Célé nous fit la confidence suivante : «  Dites à vos lecteurs que la Vierge Noire du Roc-Traoucat protège tout citadin qui vient la prier des agressions, des attentats, des morts violentes… Mais personne ne le sait.  »
Au cours des âges, le pèlerinage annuel du Roc-Traoucat fait comprendre, aux populations quercynoises éminemment croyantes, le noble cœur immaculé de Marie dans le charme lyrique de cet endroit où la poésie religieuse accentue la compassion des pénitents. Ce pèlerinage fluctua au gré du temps, de 1889 à nos jours : à l’origine fixé au 25 mars, il passa au dimanche après Pâques entre 1913 et 1924, en signe de miséricorde divine, pour être déplacé au mois d’août, le jour de L’Assomption. Pour loger les prêtres lorsque les retraites duraient trois jours, un petit logis avait été construit, à l’Ouest de la vire rocheuse, toujours visible à l’heure actuelle.
Le mystère de la Vierge Noire
Selon le chanoine Albe, le Roc-Traoucat fut un repaire pour les Anglais pendant la Guerre de Cent Ans, une cachette pour les protestants durant les Guerres de religion, mais l’archiviste diocésain ne donna aucune date relative à l’arrivée de la Vierge Noire dans la cavité rocheuse. Le mystère s’épaissit avec la publication de deux articles qui relancent les origines énigmatiques du culte marial à proximité de Sauliac. L’un, de Viré, en 1901, rapproche Roc-Traoucat du Roc d’Aucor, avec une grotte inaccessible dissimulant un veau d’or. C’est l’aspect celtique qui ressurgit. L’autre, de Rocacher, que nous avons eu le plaisir de côtoyer «  aux Toulousains de Toulouse et Amis du Vieux Toulouse  » écrit en 1979 que la notion de Vierge Noire se réfère souvent aux divinités souterraines, aux cultes chthoniens. La statue du Roc-Traoucat symbolise «  les lumières de la nuit  », des lumières mystérieusement données et reçues au sein des ténèbres. La couleur noire représente la terre primitive qui, fécondée, sera source de toute vie. (Nous connaissons la Vierge Noire de la Daurade à Toulouse invoquée par les femmes enceintes). Mais, dans la vallée du Célé, il y aussi le récit des anciens miracles, comme celui de 1933, qui ne fut jamais divulgué par le clergé lotois, alors qu’il n’y avait aucun doute sur la guérison soudaine d’une paysanne atteinte d’un ulcère à la tempe, venue accomplir une neuvaine auprès de la Vierge Noire du Roc.
Non loin de la vallée du Célé, Notre-Dame de Rocamadour fut l’une des plus célèbres Vierges Noires de France qui connut au Moyen Âge une célébrité considérable. On vint de toute l’Europe à Rocamadour et c’était une étape obligée des «  Jacquaires  » qui se rendaient à Compostelle. Cette statue reçut la visite de Saint Odilon, inhumé à Souvigny. Notre-Dame du Roc-Traoucat revêt des significations mythiques, vénérée par les fidèles du lieu, oubliée des touristes, hormis le 15 août. La plupart des grands guides ne la mentionnent même pas. Au même rang que Notre-Dame du Mas de Noyer, la Vierge Noire du Roc-Traoucat ne doit pas tomber dans l’anonymat. Ne manquez pas de rendre visite à cette statue un peu délaissée. Elle en sera si contente que, peut-être, elle réalisera un miracle pour vous.
Michel Palis

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