Sauliac sur Célé

Les clochers de la paroisse

A la période romaine puis au Moyen-Âge, un castrum puis un château y ont été édifiés. Au XI ème siècle, un nouveau château a été construit dans un des anses de la rivière : agrandi peu à peu, le château de Géniès est toujours visible face à l'ancien village. De nombreux assauts lors de la guerre de Cent ans ont confirmé cette place forte. Le village ancien (le Vieux Sauliac) est accroché à la falaise, percée ici de grottes fortifiées qui servirent de refuge pendant les guerres. On y grimpait par des échelles, les malades et les animaux étaient hissés à l'aide de cordes dans de grands paniers. Fin XIX ème siècle, la propagation du phylloxéra va modifier cet équilibre social et économique. Début du XX ème, les conséquences dévastatrices de la guerre de 1914-1918 et les besoins en main d'oeuvre de la ville ont accéléré la désertification.

En aval de Marcilhac, dans un site des plus curieux. Le village ancien était dans l’espace plus étroit qui fait « une fin du monde » en face de Geniès. Il y a encore quelques maisons de plus en plus rares ; c’était là que se trouvait l’église primitive qui fut interdite, ainsi que le cimetière, comme trop peu convenables, en 1830. Peu à peu, les habitants s’étaient portés un peu en amont, où il y a plus d’espace et c’est là que fut construite la nouvelle église, par un architecte nommé Malo, dont on disait en plaisantant « Libera nos a malo ». Il prit mal ses mesures et la voûte s’effondra au bout de peu de temps ; les murs furent renforcés et la voûte refaite. Il n’y a pas de charpente : la voûte porte elle-même sa toiture. Le roman et le gothique s’y mèlent, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas du style. L’ensemble, à cause du site, produit bon effet.
Le nom de Sauliac semble se retrouver parmi les localités du Quercy qui furent jadis données par le roi Eudes à l’abbaye de Saint-Hilaire de Poitiers : Gauliacum (var. Sauniacum) in Comitatu Caturcensi . Dans les vieux documents, le G et l’S se ressemblent extrêmement. Mais l’abbaye poitevine ne dut pas garder longtemps une localité si lointaine et Sauliac fut donné au monastère de Marcilhac, qui le garda toujours.
Sauliac faisait d’abord partie de la mense abbatiale puis fut cédé aux religieux. Dans son dénombrement de 1678, l’abbé Humbert Ancelin mentionne, en second lieu « la terre et seigneurie de Sauliac, en toute justice, haute, moyenne et basse, sans aucun droit pour le roi. »
Les religieux en partageaient la dîme avec le curé (La dîme se levait à 11 pour le blé, à 14 pour le vin ; elle rapportait 80 charges de blé - tous grains - ; le curé prenait la moitié du blé et 15 charges de vin). L’abbé prélevait quelques setiers de grains sur le tènement de Tayac et présentait le curé à l’investiture épiscopale.
La paroisse était dédiée à Saint Martin de Tours : elle avait pour annexe la paroisse Sainte-Croix de Liauzu, située sur la rive gauche, avant d’arriver à la Pescalerie.
Nous n’avons beaucoup de noms de recteurs de Sauliac pour les temps anciens. Guillaume d’Hébrard, qui fut abbé de Marcilhac en 1497, garda le soin de cette paroisse, dont naturellement il faisait faire le service par des vicaires capitulaires. Après lui, Sauliac fut possédé par François d’Hébrard, qui résigna en gardant une pension (1518) en faveur de Guillaume de Penne, des Gourdon de Cenevières. A celui-ci succéda (1521) François de Gourdon. Penne, puis un second Guillaume, lequel résignait à son tour, en 1540, en faveur de Roch de Gourdon, de la même famille (archives vaticanes) ; Jean d’Hébrard senior, abbé de Marcilhac, en cédant l’abbaye à son neveu Jean d’Hébrard junior, garda une pension sur divers prieurés de l’abbaye dont Sauliac, en 1547.
En 1621, le 4 juillet, de concert avec le syndic des religieux, le recteur Bernard Berthomieu donne à achever l’édification de l’église Sainte-Croix de Liauzu, annexe de Sauliac ; et la même année, à Jean Bigeois, maçon du lieu, à finir la réparation de l’église paroissiale de Sauliac (notaire Sanerat, communication de m. Foissac).
En 1671, cette église avait encore besoin de quelque réparation et d’agrandissement : elle ne pouvait plus contenir la population (heureux temps !) ; le recteur Armand Beulaguet est averti par le consul, me Salgues, notaire, que l’on se dispose à le pousuivre, lui et le syndic des religieux de Marcilhac. Celui-ci, Jean de Labarthe, et le recteur s’offrent à contribuer au travail, chacun pour leur part, dès que le projet aura été approuvé par l’évêque.
De 1746 à ........., le recteur est Pierre Castel, sans doute de la famille des notaires de Marcilhac. Il avait 29 ans lorsqu’il fut nommé à cette cure, après 6 mois de vicariat à Espédaillac et 18 mois à Bach. Le 1er septembre 1748, il demande aux consuls de lui fournir le presbytère auquel il a droit, libre de toute contribution et garni des gros meubles essentiels. Il se plaint d’être obligé de tenir maison à Lacaze « vu que la maison qu’ils lui ont délivrée est chargée d’un gros obit ». Il dit encore qu’on doit lui payer la dîme du millet et du chanvre, selon la coutume, au vingtième. Si l’on ne s’entend pas, il offre de faire régler la question par arbitre, à condition que ceux qui seront condamnés paieront les frais.
Castel eut pour successeur François Brugié dont on trouve le nom en 1772.
Celui-ci fut remplacé le 12 octobre 1789 par Jean-François Blanc (provision épiscopale) ; il eut une seconde provision, le 11 novembre, afin de mettre dans l’acte qu’il avait été présenté par le cardinal de Zelada, abbé de Marcilhac. Le curé Blanc resta curé de Sauliac pendant toute la période révolutionnaire, à ce qu’il paraît, ce qui laisse croire qu’il avait prêté le serment consitutionnel. Il fut encore curé après le concordat jusque vers 1850 ou 1851, ayant près de 90 ans, étant né le 12 octobre 1759. Il est vrai qu’il avait un vicaire.
C’est lui qui transféra l’église paroissiale au lieu qu’elle occupe actuellement. Son successeur a desservi la paroisse jusqu’en 1900. Il était curieux de noter que pendant plus d’un siècle, y compris la période révolutionnaire, Sauliac n’a eu que deux curés.

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