Mot du père Franz - Du 06 au 28 novembre 2021

Dernière mise à jour : 15 mars

L’Evangile est une sève toujours nouvelle qui irrigue nos jours. Les scènes rapportées par l’Ecriture sont touchantes, parce qu’il s’agit de deux veuves. La veuve de Sarepta et la veuve qui a mis de son essentiel dans le Trésor du Temple. Scène ô combien familières…

Mais que fait Jésus, dans cet épisode rapporté par Saint Marc ? Jésus est assis dans le temple et… il regarde. Les gens défilaient et il avait sûrement les yeux tournés vers ceux-là que tout le monde regardait. Les scribes aimaient sortir en robes solennelles, pour se faire remarquer, jouer à l’important, sur les places publiques. Et qui prient longuement, pourvu que cela se sache. Les riches qui se pavanent, donnent ostensiblement, surtout l’argent des autres et leurs noms qui figurent dans bien des souscriptions et les sommes qu’ils déduisent de leurs contributions. Méfiez-vous de ceux qui brillent ainsi et qui vous éblouissent.

Jésus se tenait là, assis dans le Temple. Et détournant les yeux, il voit une veuve, toute seule avec son deuil. Elle offrait deux piécettes, gênée d’avoir si peu, mais c’est tout ce qu’elle avait. Et il nous l’a montrée, pour que l’on voit aussi les gestes qu’on ne voit pas. La chaleur de l’accueil et le peu que l’on donne mais c’est du fond du cœur. L’engagement que l’on prend et l’autre qu’on écoute. Le service que l’on rend sans attendre en retour. Le sourire que l’on offre et la main qu’on tend. L’obole que l’on fait tout naturellement. Le dévouement obscur et sans arrière-pensée. Ce que le pape appelle « les saints de la porte d’à-côté ». Jésus en était tout ébloui.

Avec la parole d’Elie et la veuve de SareptaN’aie-pas peur »), nous vient en mémoire ce chant repris parfois dans nos églises : « n’aies pas peur, laisse-toi regarder par le Christ ». Laisserons-nous regarder par le Christ au cours de cette semaine ? Se laisser regarder, c’est parfois gênant : si l’on a peur, pour toutes sortes de raisons, ou si l’on n’a pas confiance en soi ; peur d’être mal jugé, si l’on a fauté, peur d’être mal-aimé.

Quand Jésus regarde, il voit le cœur, car il voit « dans le secret ». Il ne se fit pas aux apparences, aux artifices trompeurs, il ne regarde que les intentions du cœur. C’est ainsi qu’il « aime les justes » (Psaume 145) et qu’il sait le mérite des plus petits. Cette semaine, peut être pour nous l’occasion de nous demander où nous en sommes vraiment, sous ce regard de Jésus qui n’est jamais accusateur. Il nous invite au vrai bonheur : son regard est un regard d’amour !

Alors oui, Dieu qui était assis dans son Royaume, a vu cette longue chaîne de mille petits gestes. Discrets ou anonymes. Humbles mais efficaces. Courageux et tenaces. Toujours recommencés. Sans cesse répétés. Et son Fils au milieu qui a tout donné ! Dieu a vu cette chaîne qui, tout au long des siècles, humblement et sans bruit, faisait tourner la terre. Terre pétrie de ses mains. Sa terre qu’il aimait. Dieu vit que cela était bon ! Alors, il en fut tout ébloui.

+Franz


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