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Mot du père Franz - Du 23 janvier au 05 février 2023

Marchant au bord du lac, Jésus invitait sans cesse les gens enfermés dans leurs peurs et fragilités : « Venez donc derrière moi ». Mais, sachez-le aussi, cela ne sera pas de tout repos ! Car déjà, Jean Le Baptiste est jeté en prison pour avoir eu l’audace de faire des reproches au roi, c’est-à-dire aux puissants de son temps.

Et les hommes de pouvoir vont prendre le relais… Scribes et Pharisiens ont déjà pris la route pour épier ses gestes, éplucher ses paroles, noter qui il fréquente, ne garder que les témoignages qui les arrangent, afin de dresser un dossier « canonique » destiné à le dénoncer auprès du Grand Prêtre, à Pilate, à l’Eglise de l’époque, à l’Empereur… Bref à toute personne susceptible de pouvoir le faire taire définitivement.

Car c’est une horreur : il sort des clous sans cesse. Il se permet de créer des nouveaux chemins de pardon, d’accueil, de prière, de fraternité sans avoir eu l’aval de sa hiérarchie. Et en plus, il s’attaque aux finances du Temple… Il prêche la gratuité selon le prophète Isaïe : « vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement ». Cet homme est dangereux : il veut rester libre et donc s’attaque à l’orgueil, à la centralisation des pouvoirs et à l’argent de l’Eglise ! Il a dit la vérité, il doit être exécuté !

Depuis ce jour, marcher à sa suite fait de nous des serviteurs de la lumière. Mais nul n’est plus grand que son Maître et si vous êtes prêts à laisser votre barque pour marcher à sa suite, prenez conscience du risque, c’est le prix de la liberté !

« Venez donc derrière moi », nous dit-il. Mais… suis-je capable de tenir dans la durée ? Est-ce que mon cœur est capable de supporter persécution, médisance, moquerie et lutte incessante face aux injustices qu’on va me faire subir ?

Surtout que je sais où il désire me conduire : non pas vers la sécurité des remparts de la Ville Sainte, vers le Temple où je peux annoncer la Bonne Nouvelle, bien au chaud, en sécurité établie et respectée par la laïcité, entre gens de bonne compagnie et déjà, à peu près, convaincu. Mais bien en Galilée, au carrefour des païens, où la capitale s’appelle… Capharnaüm, un désordre intégral, car toutes les idées se valent et s’entrechoquent, où les repères s’effondrent, les visions sur Dieu, sur la morale, la loi, les commandements, sur le rapport à l’argent, le bonheur diffèrent ; où les riches commercent et où les pauvres paient. Et nous qui le suivons, nous savons que c’est là qu’il nous faut d’abord annoncer la Bonne Nouvelle, au sein d’un monde désenchanté.

Et pourtant, cet appel est sans retour : nous avons pris la décision d’accueillir la foi et d’entrer en relation avec le Seigneur ; nous sommes désormais de sa grande famille qu’est l’Eglise. Abandonnant nos barques et nos sécurités pour accueillir la Doctrine, la Tradition, les Sacrements et la Parole de Dieu, nous voici plongés définitivement au cœur du monde afin d’être sel de la terre (donner de la saveur positive dans un contexte si anxiogène) et lumière du monde (rallumer les lumières d’espérance et d’amour qui se seraient éteintes dans le cœur des personnes, malgré les tempêtes qui soufflent si fort sur nos mèches).

Alors mes amis, rejetons toute peur, rejetons ces ténèbres qu’on veut nous imposer : culpabilité, désespérance et abus de pouvoir dans nos vies intérieures. Car aujourd’hui, le chant du prophète Isaïe prend encore toute son actualité : « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ».

Et si le Seigneur te demandait humblement d’être sa lumière afin de rallumer les cœurs et rayonner

son amour ?



+Franz


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