Mot du père Franz - Messes du 10 au 25 novembre 2018

L’homme que je suis n’a jamais connu la guerre. Etant né en 1971, notre pays a toujours été en paix au sein de nos territoires. Mais je sais combien la paix a un prix… Quand je vois les monuments aux morts dans tous nos villages, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée et une prière pour tous ces jeunes et moins jeunes qui sont partis sans avoir rien demandé. Je ne peux m’empêcher de penser aussi à toutes ces femmes qui ont tenu les exploitations car les hommes étaient mobilisés. Ces femmes courageuses qui n’ont que trop rarement été remerciées… Leurs hommes ont quitté parents, femme et enfants et combien sont revenus entre quatre planches, blessés et qui ont gardé des séquelles à vie ou… ne sont jamais revenus, disparus à vie.

Je pense aussi à ceux qui un jour ont dit « ça suffit, on a payé assez cher ! ». Ces personnes ont connu la guerre dans ce qu’elle a de plus atroce, et plus rien ne justifiait un conflit armé. C’est de cette intuition que sont nés des organes –certes imparfaits mais au moins, ils existent- comme l’ONU ou l’Union Européenne. Depuis, des peuples historiquement ennemis sont devenus des partenaires.

En cette année où nous célébrons le centenaire de l’Armistice, que de chemins parcourus depuis 1918, où la revanche prévalait ; une armistice humiliante pour le vaincu et qui a engendré le poison du Nazisme, du Fascisme et du Communisme. Aujourd’hui encore, la paix est très fragile et elle reste à bâtir chaque jour. Les extrêmes repartent de plus belles, mais à qui la faute… ?

Car la paix est d’abord à cultiver en nous, autour de nous, avant de la rêver pour les autres, pour le monde entier. Où sont les paroles « aimez-vous les uns les autres » ou mieux « aimez vos ennemis »… Alors que la mode actuelle est de toujours chercher des coupables, d’exalter la vengeance… où de plus en plus de personnes demandent le rétablissement de la peine de mort, des bagnes et autres lieux où on espère que le coupable souffrira encore plus que leurs victimes…

Oh oui, la foi chrétienne ne protège pas de la barbarie, et les révélations sur les trop nombreux écarts de clercs –dont les évêques réunis à Lourdes ont voulu mettre au centre de leurs préoccupations- nous invitent à une conversion : il n’y a pas de paix sans justice ! Et comment vivre en paix avec son voisin, s’il n’a pas le nécessaire pour vivre (la journée des pauvres donnée par le pape François, en ce 18 novembre, est présent comme une piqure de rappel !) ? Comment aspirer à la paix si je n’ai pas appris la force du pardon, un pardon qui n’est pas l’oubli, mais qui ouvre un chemin d’avenir, de relation renouée ou, tout du moins, qui stoppe à mon niveau le cycle infernal de la vengeance…

Le chrétien est une personne de mémoire : l’eucharistie fait mémoire en rendant actuel le salut du monde offert par le Christ. Et l’Eglise rejoint la mémoire de toute l’humanité en célébrant, en communion, ce centenaire qui changea l’histoire du Monde. Que le Prince de la Paix, qui va bientôt être célébré dans nos crèches, nous aide à faire advenir la paix véritable. Heureux les artisans de paix, ils seront appelés Fils de Dieu !

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