« Au Christ par l’Eglise » ! (Ep 4,1 – 6, 20)

« Au Christ par l’Eglise » ! (Ep 4,1 – 6, 20). Entrée en matière (4, 1-3) 4 1 Moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous encourage à suivre fidèlement l’appel que vous avez reçu de Dieu ; 2 ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; 3 ayez à cœur de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. La partie exhortative est introduite solennellement : « Moi, je vous encourage » (littéralement « je vous exhorte »). La personnalité de l’Apôtre et la situation où il est, donnent tout leur poids à cette exhortation. En effet, Paul est prisonnier : prisonnier à cause du Seigneur dont il s’est fait le héraut, et prisonnier du Seigneur puisqu’il est tout entier remis entre ses mains. Après avoir défini la nature de l’Eglise et montré ce que signifie « être avec le Christ », Paul demande aux croyants d’évaluer les implications d’une telle appartenance. Les croyants sont qualifiés « d’appelés » (v. 1), terme qui est construit sur la même racine que le mot « église » (ekklêsia). Il veut montrer que l’exhortation à laquelle il se livre n’a de raison d’être que leur incorporation au Corps du Christ. En effet, les relations entre les croyants ne sont pas d’ordre psychologique, pas plus qu’elles ne relèvent d’un code de bienséance qui se serait instauré au sein de la communauté. Elles sont, au contraire, l’expression de l’être et de la foi de chacun de ses membres. L’union des sentiments à laquelle la communauté est invitée n’a pas d’abord pour but de l’introduire dans ceux du Christ (cf. Ph 2,5) mais, cela étant supposé, elle a pour finalité de rendre visible l’unité de l’Eglise, Corps du Christ. L’image des liens, en faisant inclusion, donne le ton à cette entrée en matière :

L’unité dans le Christ rassemble les croyants entre eux sans que jamais ce groupe soit un amalgame informe ou un ensemble confus ou disloqué. tandis que l’Apôtre est « dans les liens » pour et à cause du Seigneur, les membres de la communauté son appelés à tisser des liens entre eux, pour le Seigneur et à cause de Lui, pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Unité dans le Christ : différence et union (4, 4-16)

4 Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n’y a qu’un seul Corps et un seul Esprit. 5 Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, 6 un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous. 7 Chacun d’entre nous a reçu le don de la grâce comme le Christ nous l’a partagée. 8 C’est pourquoi l’Ecriture dit : Il est monté sur la hauteur, emmenant des prisonniers, il a fait des dons aux hommes. 9 Que veut dire : Il est monté ? – Cela veut dire qu’il était d’abord descendu jusqu’en bas de la terre. 10 Et celui qui était descendu est le même qui est monté au plus haut des cieux pour combler tout l’univers. 11 Et les dons qu’il a faits aux hommes, ce sont d’abord les apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l’Evangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent. 12 De cette manière, le peuple saint est organisé pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ. 13 Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ. 14 Alors, nous ne serons plus comme des enfants, nous laissant secouer et mener à la dérive par tous les courants d’idées, au gré des hommes, eux qui emploient leur astuce à nous entraîner dans l’erreur. 15 Au contraire, en vivant dans la vérité de l’amour, nous grandirons dans le Christ pour nous élever en tout jusqu’à lui, car il est la Tête. 16 Et par lui, dans l’harmonie et la cohésion, tout le corps poursuit sa croissance, grâce aux connexions internes qui le maintiennent, selon l’activité qui est à la mesure de chaque membre. Ainsi le corps se construit dans l’amour. L’unité dans le Christ rassemble les croyants entre eux sans que jamais ce groupe soit un amalgame informe ou un ensemble confus ou disloqué. Unité dans le Christ : différence et union (4, 4-16)

4 Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n’y a qu’un seul Corps et un seul Esprit. 5 Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, 6 un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous. 7 Chacun d’entre nous a reçu le don de la grâce comme le Christ nous l’a partagée. 8 C’est pourquoi l’Ecriture dit : Il est monté sur la hauteur, emmenant des prisonniers, il a fait des dons aux hommes. 9 Que veut dire : Il est monté ? – Cela veut dire qu’il était d’abord descendu jusqu’en bas de la terre. 10 Et celui qui était descendu est le même qui est monté au plus haut des cieux pour combler tout l’univers. 11 Et les dons qu’il a faits aux hommes, ce sont d’abord les apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l’Evangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent. 12 De cette manière, le peuple saint est organisé pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ. 13 Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ. 14 Alors, nous ne serons plus comme des enfants, nous laissant secouer et mener à la dérive par tous les courants d’idées, au gré des hommes, eux qui emploient leur astuce à nous entraîner dans l’erreur. 15 Au contraire, en vivant dans la vérité de l’amour, nous grandirons dans le Christ pour nous élever en tout jusqu’à lui, car il est la Tête. 16 Et par lui, dans l’harmonie et la cohésion, tout le corps poursuit sa croissance, grâce aux connexions internes qui le maintiennent, selon l’activité qui est à la mesure de chaque membre. Ainsi le corps se construit dans l’amour. L’unité dans le Christ rassemble les croyants entre eux sans que jamais ce groupe soit un amalgame informe ou un ensemble confus ou disloqué. L’image du corps sert, une fois de plus, à traiter de l’unité et de l’union des chrétiens dans le Christ en maintenant la différenciation nécessaire à l’amour et à la vie. L’unicité du corps qui est réaffirmée dès le départ (v. 4) n’est pas figée puisque le corps, comme nous l’avons vu précédemment, est appelé à se construire dans l’amour (v. 16). Cette inclusion nous donne ainsi le thème de cet ensemble qui se déploie en trois mouvements : les affirmations sur l’unité (v. 4-6), l’unité sans confusion (v. 7-13) et l’unité en expansion (v. 14-16).

Les affirmations sur l’unité (4, 4-6)

L’union des croyants entre eux est fondée sur un appel. Les croyants ne se cooptent pas. L’Apôtre, en reprenant les termes « appel » et « appeler » (f. v. 1), insiste sur le fait que l’Eglise ne se constitue pas par du prosélytisme, ni en fonction du choix de ses membres, mais de la réponse de chacun à l’appel qu’il a reçu –le terme ekklêsia étant entendu au sens d’Eglise universelle. Cet appel constitue le corps qui se construit et s’exprime dans une foi et une espérance communes. Dans ce corps, il n’y a qu’une seule incorporation possible, celle que donne le Christ, et un seul témoignage, celui de la confession de foi qui reconnaît un seul Dieu et Père de tous. A noter que le terme « un » (au masculin, au féminin ou au neutre) est employé sept fois dans les versets 4-6, tandis que le substantif « unité » n’est employé qu’une seule fois ! L’Eglise est une dans son origine puisqu’elle dépend toute entière du Christ et qu’elle tire sa cohésion de lui seul. Si elle est une dans son origine, elle doit aussi être une dans son extension, son langage et dans sa vie. Ce n’est qu’à ce prix qu’elle sera la signe visible de la présence de Celui qui est dérobé à nos yeux et lui confie de révéler son visage. Au temps de la lettre aux Ephésiens, l’Apôtre, percevant plus vivement le déploiement du dessein de Dieu, découvre les implications de plus en plus profondes de la Résurrection : le Dieu et Père de tous, qui sans rien perdre de sa transcendance est entré, par son Fils, dans notre histoire, fait entrer, à présent, toute l’Humanité en lui. Une telle unité résultant de la foi et de l’espérance commune des croyants dans le Christ ne supprime pas la nécessaire diversité des membres de l’Eglise.

Unité sans fusion ni confusion (4, 7-13)

L’unité du corps, déjà annoncée en 1 Co, n’est pas synonyme d’indétermination. La communauté n’est pas un tout indistinct qui serait le fruit du hasard ou de la fantaisie. Elle dépend du Christ qui prodigue en elle ses dons. La citation du psaume 68,19 permet d’affirmer que c’est le Christ –et lui seul- qui répand ses dons au sein de la communauté et par là même en établit la forme et la figure. Le psaume, en effet, parle de celui qui est « monté ». L’Apôtre voit dans ce terme le mystère de la mort-résurrection du Christ. « Il est monté », il a été glorifié, et « il a emmené avec lui la captivité » (et non pas des prisonniers !). La captivité désigne la mort qui retenait les hommes prisonniers au cœur de leur existence d’homme. Le Christ est le seul qui les en libère car il est ressuscité, après être descendu lui-même dans la mort (« les régions inférieures »). C’est pourquoi toutes choses, et a fortiori les dons qu’il a fait aux hommes, trouvent leur origine en lui, dans sa personne. Ressuscité, rien n’échappe à sa seigneurie : il remplit de lui-même non seulement l’humanité mais toutes choses. La distribution des dons à l’intérieur de la communauté pourrait être interprétée comme relevant d’une organisation interne purement psychologique ou sociologique qui ne tiendrait pas compte de la spécificité de la communauté. Parce que l’ekklêsia est le corps du Christ, sa structure a elle aussi son origine dans le Christ ; c’est lui qui distribue ses dons. Les dons présentés ici concernent la parole (Apôtres, prophètes, évangélistes), l’enseignement (maîtres) et le gouvernement (pasteurs). Ils renvoient à des fonctions qui ne sont pas des fonctions de domination mais de service, exercées dans la dépendance absolue de Celui qui est à l’origine de ces dons. Le Christ, tête de l’Eglise, ne déploie pas sur elle un pouvoir extérieur, juridique, mais il la vitalise de l’intérieur. De même, ceux qui dans l’Eglise ont une charge à exercer doivent le faire à la manière du Christ, en servant et non en faisant de ce service confié une emprise. Au sein de la communauté, les dimensions de témoignage et de prophétie, de don de soi et de gouvernement doivent être assumées en vue de la croissance du corps qui, par définition, n’est pas inerte. Ce service est un service de vie, rendu et accompli dans la dépendance du Christ qui confère à ces fonctions modestie et humilité, et donc la véritable grandeur qui vient aussi de lui.

Unité en expansion (4, 14-16)

L’union des membres entre eux et des membres dans le Christ assure la cohésion du corps, tout orienté vers Celui qui l’organise et l’attire. Cette unité, qui ne peut s’opérer que dans la foi en vertu des dons du Christ, est une unité en expansion. Elle est maintenue telle par la vie même du Christ. Etant croissance en Lui, elle figure l’élan de toute l’Eglise vers le Seigneur. L’Eglise reçoit tout du Christ et tient tout de lui ; elle ne peut que s’effacer devant lui. Signe tangible de ce qu’il est, véritable épiphanie, elle ne peut en aucun cas prendre sa place. Un tel mystère n’est compréhensible que dans un dynamisme d’amour qui unit chacun des membres au Christ et de fait les unit aussi entre eux. Après avoir montré que l’Eglise est une communauté spécifique, l’Apôtre envisage alors les conséquences qui en découlent dans l’existence. La confession de foi du Seigneur provoque le renouvellement des mœurs. Ce renouvellement est envisagé en deux temps : d’abord sur le plan individuel (4,17-5,20), puis sur le plan social (5,21-6,9). La nouveauté des mœurs pour les croyants exige une rupture absolue avec des comportements païens. D’où les impératifs, les expressions sans euphémisme, les exhortations (4, 17-19).Le chrétien, renouvelé dans ses mœurs, est un homme nouveau (4, 20-32), pris dans les exigences de la filialité (5, 1-7). Celle-ci contraste avec une vie passée dans laquelle la lumière du Christ n’avait pas encore pénétré (5, 8-20).

+Père Franz

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