LA PAROUSIE (NOVEMBRE 2019)


« La Parousie »

Avons-nous remarqué qu’à chaque messe, nous demandons le retour du Christ, la fin des temps (à l’anamnèse par exemple) ? Les textes de la liturgie de novembre concernent la fin de l’année liturgique et abordent chaque année l’annonce de la fin des temps, d’où le fait qu’en ce mois, nous abordons ce terme. En Eglise, on utilise le nom de « Parousie ». Le mot grec « parousia » veut simplement dire « présence ». A l’époque de la domination grecque dans l’Antiquité, ce mot avait pris le sens technique d’une visite d’un prince ou de manifestation d’un dieu. Une visite impériale dans la cité provinciale était un évènement considérable. Diodore de Sicile parle de la parousie liturgique de Dionysos et de la possibilité de faire l’expérience de la parousie d’un dieu en rêve. Dans le Nouveau Testament, « parousie » est un terme technique qui désigne la manifestation du Christ en gloire. On trouve ce terme six fois dans les lettres de St Paul aux Thessaloniciens (1 Th 2,19 ; 3, 13 ; 4,15 ; 555,23 ; 2Th 2,1.8) et une fois en 1 Co 15,23 : « en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent ». Dans les Evangiles Synoptiques (Matthieu, Marc et Luc), ce mot ne se rencontre que chez Matthieu : 4 fois dans le discours apocalyptique (que nous avons toujours en fin d’année liturgique A) : Mt 24, 3. 27. 37. 39 : « Dis-nous quand cela arrivera, et quel sera le signe de ta venue et de la fin du monde (…) comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi sera la venue du Fils de l’homme (…) Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme (…) telle sera aussi la venue du Fils de l’homme ». On le trouve aussi dans la première lettre de St Jean : 1 Jn 2,28 : « ainsi, quand il se manifestera, nous aurons de l’assurance, et non pas la honte d’être loin de lui à son avènement » ; chez St Pierre : 2 P 1, 16 : « ce n’est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ » ; 2 P 3, 4.12 : « Où en est la promesse de son avènement ? (…) vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu ». Mais aussi chez St Jacques : « en attendant la venue du Seigneur, prenez patience ». Les parallèles de Matthieu 24 montrent quels en sont les équivalents dans le contexte juif. Là où Matthieu parle de parousie, Luc parle du « Fils de l’homme lors de son jour » (Lc 17,24) ou des « jours du Fils de l’Homme » (Lc 17,26). Il semblerait donc que le terme « parousie », pour désigner la venue du Seigneur, soit utilisé surtout dans un contexte grec. En milieu juif, on parle plus traditionnellement du « jour du Seigneur » ou de la venue du Fils de l’Homme (expression même de Jésus). Et étonnamment, ce mot de « parousie » n’apparaît pas dans le Livre de l’Apocalypse, le livre du Nouveau Testament dont c’est le sujet principal ! Il faut comprendre que l’attente chrétienne de la parousie du Christ dans le contexte des traductions de la Bible et du Judaïsme. Les plus anciennes de ces traditions concernent la manifestation de YHWH (Yahvé) comme un guerrier conduisant son peuple des montagnes du Sud jusqu’à la Terre promise (Dt 33,2ss et Jg 5,4ss). Les psaumes expriment l’espoir que Dieu viendra juger la Terre (Ps 97,9 : « il vient pour gouverner la terre ». Le prophète Amos retourne cet espoir contre le peuple d’Israël. Pour lui, le Jour du Seigneur sera un jour de ténèbres et non de lumière (Am 5,18). Par la suite, le Jour du Seigneur est associé chez les prophètes à la terreur du jugement de Dieu (cf. So 1,14s ; 2,2 ; Jl 1,15, etc.). Dans le Livre de Daniel, au contraire, il s’agit à nouveau de la libération d’Israël. La vision par Daniel de quelqu’un « comme un Fils d’homme » venant des nuées du ciel et recevant un royaume des mains de l’Ancien des jours (Dn 7) eut une immense importance pour le Christianisme en son début. Celui qui est « comme un Fils d’homme » est nettement distingué de Yahvé, et pourtant il vient sur les nuées comme un personnage divin, personnage très tôt identifié au Messie, malgré son caractère céleste. On trouve aussi des références à la venue de Dieu dans les pseudépigraphes (livre de l’Ancien Testament non retenu dans le canon des Ecritures), mais l’avènement d’une figure messianique agissant de la part de Dieu correspondait davantage à l’attente chrétienne de la parousie du Christ. Dans le Nouveau Testament, « parousie » signifie toujours « venue du Christ en gloire ». L’attente a dû commencer très tôt, tout de suite après Pâques. A tel point que St Paul dans sa lettre la plus ancienne dénonce ceux qui ne veulent plus rien faire car ils pensaient que le Christ allait revenir dans les prochains jours. Sa désignation comme attente de la venue du Fils de l’homme provient, selon toute probabilité, du milieu palestinien de langue araméenne. L’usage du mot « parousie » dans les lettres de St Paul ne vint qu’en un second temps, quand une nouvelle formulation adoptant une terminologie grecque devint nécessaire à l’image de la Diapora (juifs qui sont allés vivre à l’étranger). C’est Mt 24 qui donne la description la plus complète de la parousie attendue. Elle sera précédée de signes variés, mais elle viendra « comme l’éclair part du Levant et brille jusqu’au couchant » (Mt 24,27). Elle sera accompagnée de bouleversements cosmiques (obscurcissement du soleil, etc.) et le Fils de l’homme rassemblera les élus au son de la trompette (24,31). Cette sonnerie de la trompette est mentionnée également en 1 Th 4,16 : « par la trompette divine, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d’abord ». Il est clair dans ce passage que Paul pense que la parousie se produira du vivant de ses contemporains. Le sentiment d’attente et de vigilance requis par l’imminence de la parousie s’exprime de manière frappante dans la parabole des 10 vierges (en Mt 25,1-13) : « veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ». Là où Matthieu exhorte à la vigilance, Jacques recommande la patience (Jc 5, 7-8). Paul voit dans l’imminence de la parousie un motif d’encouragement. Le mot « parousie » ne sert jamais dans le Nouveau Testament à désigner la vie terrestre de Jésus. Il n’y a qu’une parousie, et ce n’est pas à proprement parler un « retour ». C’est la première venue du Christ dans sa gloire. Ce n’est que plus tard, dans l’Eglise primitive, qu’on trouvera l’idée de deux parousies (ex : chez Justin dans l’Apologie). Mais l’attente imminente d’une parousie glorieuse s’était déjà éloignée ! Aujourd’hui, nous sommes plus dans la phrase de Jésus : « le Fils de l’homme ne connaît ni le jour ni l’heure », mais avec la certitude qu’il reviendra un jour et que ce sera la fin définitive de la mort, de la souffrance, des épreuves ! Maranatha ! Viens, Seigneur Jésus !

+Franz

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