LE BAPTEME DES ENFANTS



Le baptême des nourrissons, c’est-à-dire avant qu’il puisse poser des actes conscients : ils ne peuvent pas exprimer leur intention, leur foi et leur volonté ! La question de la légitimité du baptême des enfants se pose, alors posons-nous la avec sincérité !

Ce baptême apparaît dès l’origine du christianisme et se généralise au 4ème S. On peut trouver trois arguments : historique, anthropologique et spirituel. Historique : il a toujours été pratiqué, et de plus en plus. C’est la tradition de l’Eglise, le sensus fidei. Et c’est important.

Anthropologique : baptiser sans le consentement, c’est ne pas respecter sa liberté, entend-on parfois. Mais on peur souligner que le fait de transmettre et communiquer toute sorte de biens est le propre de la relation parents/enfants. Cette transmission est essentielle à la croissance de l’enfant. Si le baptême était aussi important pour les parents, ils ne parleraient pas ainsi. On ne leur a pas demandé de vivre, de recevoir telle éducation, etc. Et c’est normal que les parents communiquent le meilleur même si les enfants ne peuvent pas en avoir encore conscience. Si le baptême est le meilleur à donner, pourquoi ne pas leur donner dès le départ ? En plus, comment apprécier le chocolat si on ne le goûte pas ?

Spirituel : du côté de Dieu, si la grâce est d’abord un don de Dieu, Dieu peut s’en servir pour tout le monde, adulte comme nouveau-né. L’œuvre de la grâce ne dépend pas, du point de vue de Dieu, des stades de développement de la personne. On peut être stupéfié de l’œuvre de la grâce dans le cœur d’un enfant. Il y a une œuvre divine qui peut s’accomplir dans le mystère de chaque cœur, qui échappe au stade de l’évolution et qui donc, ne dépend pas de l’adhésion exprimée de suite. Est-ce qu’on doit priver Dieu de cette possibilité de donner sa grâce quand il le veut ? Ce serait mettre la liberté de l’homme au-dessus de celle de Dieu ! Une fois acquise l’importance du baptême du nourrissons, une autre question surgit, celle de la réception de la grâce par les enfants baptisés.

Sur ce point, il existe des opinions très différentes :

Luther : il faut un acte de foi, mais il y a une illumination subite de l’enfant lors de son baptême, qui pose un acte libre et conscient. C’est pour cela qu’il a maintenu le baptême des tout petits.

Karl Barth : va jusqu’au bout de la démarche, car Luther n’est pas logique. Comme les enfants ne peuvent pas poser un acte de foi consciente, Barth rejette les sacrements pour les petits enfants (conception protestante plus cohérente, mais fausse pour nous !).

Cajetan : comme il n’y a pas d’obstacles chez les nourrissons, on peut les baptiser et cela marche.

Ces 3 visions sont erronées pour nous. Comment répondre ? Il faut tenir deux choses :

Dans le baptême d’un enfant, il y a réellement don de la grâce : mais sous la forme d’un germe, appelé à se développer sans cesse du bas âge à la vie d’adulte. C’est donc un chemin de foi. Ce chemin demande normalement du temps (même si pour certains, il peut être écourté) et explique pourquoi on maintient le baptême des tout petits.

La foi des parents : elle supplée la foi des enfants qui ne peuvent l’exprimer. Ils portent la foi embryonnaire de l’enfant qui est appelé à se développer. C’est bien le principe de la minorité chez l’enfant : les parents supportent ce que les enfants ne peuvent pas. Ca permet en tout cas d’éviter « l’illumination » de Luther. En principe, si on a la certitude qu’il n’y aura aucun accompagnement de développement de la grâce, on devrait refuser de baptiser. Ca nous donne un écartèlement : tout homme peut être sauvé même sans baptême, et la demande expresse du Christ.

Cas essentiel : que deviennent les enfants qui meurent sans baptême, à commencer par les fausses couches et les avortements ? On n’a aucune source scripturaire de cette situation. Il faut tenir la nécessité de baptiser pour ne pas rester coincé par le péché originel et ne pas enfermer Dieu dans ce sacrement pour donner son salut. Le salut est plus important que la nécessité d’être baptisé. St Augustin affirme l’absolue nécessité du baptême des petits enfants pour être sauvé. Les enfants n’ont pas la grâce puisque non baptisés.

Ils n’ont pas la grâce sanctifiante donnée au baptême. Ils ne peuvent pas avoir accès à la vision béatifique. Mais comme ils n’on pas posé d’actes mauvais, on ne peut pas leur promettre l’enfer. On crée alors la théorie des Limbes (12-13ème S), c’est-à-dire un lieu de repos mais sans vision béatifique, même sans faute de leur part, pour tenir les deux : la nature livrée à elle-même, une félicité naturelle mais pas la vision même de Dieu. C’est la doctrine commune qui s’imposera, mais pas celle définie clairement par le Magistère.

Concile Vatican II : leur sort est entre les damnés et le Purgatoire, tout en se demandant comment être sauvé tout de même. On ne résout pas cette question, en fait. L’Eglise n’a aucun autre moyen sûr que le baptême d’assurer le salut. Mais Dieu peut donner son salut à tous les hommes comme Il le veut. Mais il y a un souci, que St Paul évoque : 1 Tm 2, 3-4 : « Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur, lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » : nul n’est exclu de la volonté de salut, mais tout homme peut librement refuser le salut. On a tous reçu le péché originel en héritage. Il y a donc un besoin universel de salut. Tous ont besoin de salut et le salut est offert à tous en Jésus-Christ. Une âme, même d’un fœtus, est adulte et peut se rebeller contre le fait qu’elle aurait dû naître. Et cette rébellion peut entraîner l’âme à refuser le salut… Il faut tenir deux choses :

Nécessité du sacrement du baptême comme voie naturelle de salut : voulue par le Christ. Ne pas absolutiser cette voie de salut : car Dieu peut passer par d’autres voies : baptême de désir, martyr, homme de bonne volonté, etc. Le souci est que ces autres voies connues ne concernent pas les petits enfants car ils ne posent pas des actes et n’expriment pas de désir. Il y a donc la force de la prière de la communauté pour tous les hommes, la prière de l’Eglise pour toute l’Humanité qui plaît à Dieu car il veut sauver tous les hommes.

Désormais, on fait confiance à la miséricorde de Dieu. La question reste ouverte et l’Eglise propose un chemin d’espérance. Mais est-ce qu’on n’abandonne pas les enfants morts sans baptême dans une « miséricorde fourre-tout » ? La question mérite d’être posée !

On a une double affirmation :

L’Eglise n’a aucune certitude quant au salut des enfants morts sans baptême, car sans fondements dans la Bible, Dieu a une miséricorde inépuisable : notamment pour les plus faibles, les hommes de bonne volonté, etc. qui peuvent être sauvé. Mais reste le cas du péché originel : sont-ils morts avec lui, sans remède divin ? Tout ceci pour affirmer qu’il est nécessaire de célébrer un baptême de désir, dans l’eucharistie. Il s’agit d’un des ministères importants de votre curé et je célèbre beaucoup de baptêmes d’enfants morts avant la naissance, ce qui libère l’enfant et la maman !

Le Missel romain a une messe spéciale pour les enfants morts sans baptême : greffer sur cette messe les rites du baptême, en baptisant spirituellement l’enfant, lui faisant faire sa 1ère communion à travers la communion de la mère (tout passe par le cœur) et lui donner sa confirmation est le plus beau des cadeaux que vous ferez à un enfant.

Si vous avez vécu une fausse couche, un avortement, si vous connaissez une situation difficile, n’hésitez pas à venir m’en parler. Libérer les âmes des enfants morts sans baptême est MA priorité et un charisme que le Seigneur m’a confié.

Pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

+Franz

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