LES EFFETS DE SACREMENT DU BAPTEME

Chaque sacrement se définit par l’effet spécifique de grâce qu’il donne à celui qui le reçoit. Chaque sacrement a un effet particulier, et cette spécificité se définit par deux éléments essentiels : à partir des gestes et paroles que le Christ a posé ; et à partir de ce qu’il effectue.

Ainsi, pour le baptême, les actes du Christ sont faciles à définir : il a effectué de multiples guérisons, que ce soit pour le corps que pour le cœur, comme le pardon des péchés. L’effet fondamental : le baptême est sauveur, il apporte le salut. Il incorpore à la famille même de Dieu par adoption, comme le Christ a épousé l’humanité par son Incarnation et son Baptême reçu au Jourdain. Dans l’Evangile de Marc, on a cette phrase sans anbiguité : « qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné » (Mc 16.16), même s’il faudrait bien expliquer le sens profond de cette citation. On trouve aussi le dialogue de Jésus avec Nicodème dans l’Evangile de Jean : renaître de l’eau et de l’Esprit.

Le baptême est une œuvre de Dieu opérée par un acte humain, dans un double mouvement : le geste donne la grâce et rend visible l’invisible : en mettant de l’eau, on est baptisé ; et cette réalité invisible est montrée par le versement de l’eau ! Union entre don de la grâce et témoignage.

Quant aux effets, il convient de voir les effets personnels et les effets communautaires (car on ne se sauve pas seul et en tant que membre d’un même corps, ce que reçoit un des membres impacte tout le peuple de Dieu).

Pour ce qui concerne les effets individuels de la grâce du baptême, on a un seul effet, mais qui est double : libération des péchés (du péché originel) et don de l’Esprit Saint (qui nous incorpore dans la famille même de Dieu).

La signification la plus évidente du bain d’eau, c’est bien le lavement de tous les péchés. Et la Doctrine de l’Eglise est claire depuis le départ : quand on sort du bain du baptême, tout péché est effacé. A tel point qu’à une certaine époque, des gens voulaient se faire baptiser à l’article de la mort afin d’être surs d’aller au Ciel (mais il y a eu quelques loupés…). Surtout que le sacrement de Réconciliation a mis beaucoup de temps à être mis en pratique.

On a un double lavement : d’abord, celui du péché originel (la fameuse maladie génétique spirituelle qu’on se transmet de génération en génération) : c’est le désordre, la dysharmonie qui touche la nature humaine transmise par les parents (la privation de la vie divine) : ce désordre est effacé, mais reste la capacité de mal employer sa liberté d’enfant de Dieu. Ainsi, tout péché personnel, commis sciemment, est pardonné. Le baptême est le premier sacrement de réconciliation !

La faute est remise, mais sont remises aussi les peines dues au péché. Le baptême remet tout. On voit bien cet effet sauveur. Le baptême est une application de la passion du Christ au croyant : cette passion est capable de satisfaire tout péché de tout homme. Nous bénéficions des effets de la passion du Christ (qui est venu pour nous sauver du péché).

La portée de la délivrance reçue lors du baptême reste limitée tout de même : il ne met pas fin aux peines de la vie présente. On conserve notre nature humaine capable de souffrir et de faire souffrir. On conserve la mortalité de la nature humaine (que Jésus appelle « la première mort »). On ne supprime pas le « foyer de péché », c’est-à-dire l’inclinaison, la tentation au péché qui est le fruit vénéneux de la faute originelle.

C’est ce que dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique en son article 1264 : « Dans le baptisé, certaines conséquences temporelles du péché demeurent cependant, tels les souffrances, la maladie, la mort, ou les fragilités inhérentes à la vie comme les faiblesses de caractère, etc., ainsi qu’une inclination au péché que la Tradition appelle la concupiscence, ou, métaphoriquement, "le foyer du péché" ».

Ces inclinaisons et ces épreuves sont des occasions d’être associé au mystère pascal, de ce que le Christ a vécu en plénitude. Comme le dit St Paul : « Enfants, et donc héritiers ; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui » (Rm 8.17) ou : « je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l’Eglise » (Col 1.24). C’est le sens de l’état dans lequel nous sommes. Loin d’être une sanction de Dieu par rapport à la créature, c’est un don du Père qui va permettre à l’homme de vaincre le péché. On est donc associé à l’œuvre du salut. C’est la plus grande miséricorde que Dieu a pu nous faire, même si le prix de cette miséricorde est parfois terrible.

Ensuite, il y a en effet le deuxième don : l’adoption filiale, le don de la vie divine, le don de l’Esprit Saint. Le baptême est un don de vie nouvelle, ce que St Paul appelle la « justification ». Dit plus clairement, c’est être rendu juste devant Dieu, remis dans notre union à Dieu. On reçoit la participation à la vie même de Dieu. St Pierre le dit avec ses mots : « les plus grandes promesses nous ont été données, afin que vous deveniez ainsi participants de la divine nature » (2 P 1.4).

Oui, la grâce nous configure au Christ dans la Trinité : c’est la participation à la vie même de Dieu. On peut crier « Abba » comme le Christ. On est donc greffé à Lui. Par le Christ, il nous est ouvert la relation du Christ avec le Père, donc on entre dans la Relation de la Trinité par le Christ. C’est la grâce d’adoption filiale. On est fait fils ou fille du Père, à l’image du Fils qui devient l’aîné d’une multitude de frères.

Mais n’oublions pas que la grâce du baptême a un effet communautaire. Malheureusement, c’est trop souvent oublié ! Par la configuration au Christ, le baptisé est fait membre du corps du Christ, donc de l’Eglise (qui est le corps total : Tête et corps constitués de tous les baptisés).

Nous sommes tous membres de la même famille ! « Aussi bien est-ce en un seul Esprit que nous tous avons été baptisés en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et tous nous avons été abreuvés d’un seul Esprit » (1 Co 12.13).

Nous devenons par là même « membres les uns des autres » (Ep 4.25), et donc pas uniquement membre du Christ. La célébration du sacrement témoigne de cette dimension ecclésiale : l’accueil à la porte de l’église, la présence de l’assemblée quand c’est possible, la présence des fonds baptismaux, etc. On ne peut pas dissocier ou mettre une succession chronologique entre l’incorporation au Christ et l’incorporation à l’Eglise : ce sont les deux facettes d’un unique effet.

Par le baptême, nous sommes tous prêtres, prophètes et rois : c’est le sacerdoce commun des fidèles. Le baptême nous intègre à l’Eglise par le sacerdoce commun des fidèles, qui est une participation au sacerdoce du Christ prêtre, prophète et roi, de la part de chaque baptisé. Ce sacerdoce commun est en vue de rendre un culte individuel et communautaire à Dieu (prêtre), de témoigner dans sa vie de foi de

l’Eglise, de laisser jaillir les inspirations de l’Esprit (prophète), de rendre le service du frère et de participer à la mission de l’Eglise (roi).

Ainsi, le baptême est le lieu d’unité profond de tous les chrétiens, catholiques ou non : c’est le même baptême car il n’y a qu’un seul baptême (Ep 4.5).

Un autre point commun entre tous les baptisés, c’est ce qu’on appelle « le caractère », le fameux tatouage du cœur que le baptême offre. Cela vient du terme de St Paul : « sceau » (2 Co 1, 21 ; Ep 1, 13-24 ; Ep 4, 30, etc.). Ce « sceau » est un effet permanent du baptême et on ne peut jamais le perdre.

Voici ce que dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique en son article 1121 : « Les trois sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l’Ordre confèrent, en plus de la grâce, un caractère sacramentel ou "sceau" par lequel le chrétien participe au sacerdoce du Christ et fait partie de l’Eglise selon des états et des fonctions diverses. Cette configuration au Christ et à l’Eglise, réalisé par l’Esprit, est indélébile (Cc. Trente : DS 1609), elle demeure pour toujours dans le chrétien comme disposition positive pour la grâce, comme promesse et garantie de la protection divine et comme vocation au culte divin et au service de l’Eglise. Ces sacrements ne peuvent donc jamais être réitérés ». Une vocation est toujours à écrire : le baptême ne peut donc pas rester inerte. On est voué à avancer, à témoigner, à participer aux cultes, etc. C’est une force présente en l’homme qui le voue à s’unir à Dieu.

Ca implique aussi qu’on ne peut pas être débaptisé, même si on le demande. Ce n’est pas dans les possibilités de l’Eglise de le faire. On ne peut pas être baptisé deux fois non plus. Article 1272 du Catéchisme de l’Eglise Catholique : « Incorporé au Christ par le Baptême, le baptisé est configuré au Christ. Le Baptême scelle le chrétien d’une marque spirituelle indélébile ("character") de son appartenance au Christ. Cette marque n’est effacée par aucun péché, même si le péché empêche le Baptême de porter des fruits de salut. Donné une fois pour toutes, le Baptême ne peut pas être réitéré ».

Le caractère est donc une marque indélébile, individuelle et ecclésiale : ce n’est pas seulement une marque d’appartenance personnelle au Christ mais aussi une marque d’appartenance communautaire à l’Eglise. Il faut tenir les deux : appartenance au Christ et appartenance à l’Eglise. De ce fait, le caractère ordonne donc au culte divin. Ce n’est pas une marque passive : il est dynamique et ordonne au culte. Un baptisé non pratiquant ampute le caractère de son débouché naturel. Ce qui est bien dommage !

C’est la marque de l’Alliance que Dieu veut passer avec nous, qui contient toutes les promesses de la vie éternelle et qui est porteuse de la grâce par la vie d’ici-bas. Catéchisme de l’Eglise Catholique, article 1274 : « Le "sceau du Seigneur" est le sceau dont l’Esprit Saint nous a marqués "pour le jour de la rédemption". "Le Baptême, en effet, est le sceau de la vie éternelle. Le fidèle qui aura "gardé le sceau" jusqu’au bout, c’est-à-dire qui sera resté fidèle aux exigences de son Baptême, pourra s’en aller "marqué du signe de la foi", avec la foi de son Baptême, dans l’attente de la vision bienheureuse de Dieu - consommation de la foi - et dans l’espérance de la résurrection ».

Ainsi, les effets du baptême ne sont pas clos sur eux-mêmes car ils trouvent leur expression dans la vie concrète baptismale et plus particulièrement ordonné à l’eucharistie. Car le baptême est orienté vers l’eucharistie. Ce à quoi le baptême doit aboutir, son effet concret, est l’eucharistie. Car le baptême nous configure au Christ et à l’Eglise. L’eucharistie rend présent celui à qui on est configuré et elle se vit en Eglise. Elle permet de s’unir au Christ et à sa passion. Le baptême, sans l’eucharistie, est inachevé : il est toute entière députation à vivre en Christ jusqu’à notre configuration totale. Le grand danger est une autonomisation du sacrement du baptême : certains pensent que le baptême suffit mais un baptisé sans l’eucharistie s’étiole. Le baptême n’est pas un passeport pour l’Eternité ! ` + Père Franz



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